France / Suriname

Le Suriname et la France signent un accord de coopération

Samuel Zralos 05.09.2020
Albert Ramdin signe l'accord entre France et Suriname, sous les yeux d'Antoine Joly, ambassadeur de la France au Suriname (g) et de Marc del Grande. - Samuel Zralos

Réunis ce matin à Saint-Laurent du Maroni, le préfet de Guyane et une délégation de cinq ministres du Suriname se sont engagés à coopérer autour du Maroni, notamment en matière de sécurité, d'immigration illégale et d'orpaillage. La frontière reste toutefois fermée jusqu'à nouvel ordre.

Un document « historique » et « symbolique ». Les mêmes mots reviennent dans la bouche de Marc Del Grande, préfet de la Guyane, et Albert Ramdin, ministre surinamais des Affaires étrangères. Les deux hommes viennent de signer un nouvel accord entre les deux pays, liés par le Maroni, fleuve où la limite frontalière n'a jamais été clairement établie. « Nous n'avons jamais été aussi prêts de définir la frontière » assure justement Marc del Grande, qui vise un accord à ce sujet « d'ici à la fin de l'année ». Une frontière qu'il n'est pas question de réouvrir pour l'heure, même pour les élèves scolarisés en Guyane : « On verra fin septembre comment les choses sont envisagées. Nous faisons des efforts de longue durée pour lutter contre la Covid-19, donc on ne va pas prendre de risques ».
Sécurité, immigration illégale...

En attendant, côté français, le « sujet numéro un de ce vendredi, celui au cœur de l'accord signé ce vendredi c'est la sécurité et la lutte contre l'immigration illégale, affirme le préfet. « Des patrouilles conjointes » doivent notamment être créées. Marc del Grande a également « demandé à ce que les autorités surinamaises fassent un effort pour empêcher l'immigration, pour éviter que les Cubains arrivent » sur le sol guyanais. Pour lutter contre les trafics et contre le va et vient des pirogues sur le fleuve, les deux pays espèrent aussi établir « des points de liaison » sur le fleuve et un « couloir de navigation » légal pour le transport des personnes et des biens « va être discuté ».
...Orpaillage...

L'autre grand sujet de ce vendredi, c'est la lutte contre l'orpaillage, priorité revendiquée tant par la préfecture que par le ministre des Affaires étrangères du Suriname. « Il n'y aura pas de nouvelles licences » pour les orpailleurs, explique Albert Ramdin, évoquant un accord « il y a quelques mois ». Les licences en cours, elles ne devraient pas être renouvelées, d'après Marc del Grande. Quant aux orpailleurs illégaux « on est train de les régulariser, de leur donner un contrat », précise le ministre surinamais. Les deux Etats affichent aussi leur volonté « d'éliminer le mercure », source très importante de pollution sur le Maroni, notamment due à l'exploitation de l'or. Le but est de « réduire l'impact sur l'environnement et sur la pêche ».
...Mais pas de santé

Malgré la pandémie Covid-19, il n'y a « pas de coopération renforcée sur la santé » prévue par l'accord d'aujourd'hui, d'après Marc del Grande. Le sujet est pourtant présenté comme « le plus important » par Albert Ramdin, qui affirme que les deux voisins se sont « accordés » sur la question. Le ministre place également la question économique dans les priorités du Suriname. Il espère accroître les exportations de son pays vers l'Union européenne, par le biais de la France.
« On a la volonté d'agir »

Reste à savoir à présent quelle sera l'application des engagements de ce vendredi. Le ministre des Affaires étrangères assure avoir « la volonté d'agir sur ce qu'on a mis par écrit » et insiste sur les « bonnes relations historiques » entre son pays et la France, se plaçant « dans la continuité » du gouvernement précédent . Côté français, Marc del Grande trouve la signature « de bon augure », mais sait que « désormais il faut transformer l'essai ». Les deux pays doivent se revoir « fin septembre » pour continuer à travailler.