France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

Covid au Brésil: approbation d'un rapport accablant pour Bolsonaro

AFP Mercredi 27 octobre 2021

La commission d'enquête parlementaire (CPI) sur la pandémie au Brésil a approuvé tard mardi le rapport accablant de ses six mois d'enquête, qui recommande l'inculpation du président Jair Bolsonaro pour neuf crimes, dont "crime contre l'humanité".

  • Un soignant près d'un malade du Covid-19 dans un hôpital de fortune à Moju, un secteur reculé de l'Etat de Para, au Brésil, le 8 avril 2021

    © Joao Paulo Guimaraes (AFP/Archives)

  • Un cimetière à Manaus, au Brésil, au début de la pandémie de Covid-19 le 21 avril 2020

    © MICHAEL DANTAS (AFP/Archives)

  • Le président brésilien Jair Bolsonaro, le 22 octobre 2021 à Brasilia

    © EVARISTO SA (AFP/Archives)

  • Le sénateur brésilien Renan Calheiros, président de la commission d'enquête parlementaire sur la pandémie, parle devant les journalistes le 26 octobre 2021 à Brasilia

    © EVARISTO SA (AFP)

 A l'issue de dizaines d'auditions, souvent poignantes, la CPI a accusé le gouvernement d'avoir "délibérément exposé" les Brésiliens à "une contamination de masse".

Sept des 11 sénateurs ayant mené les travaux de la commission ont approuvé en soirée le texte de près de 1.200 pages qui demande l'inculpation du président pour, notamment, "crime contre l'humanité", "prévarication", "charlatanisme" et "incitation au crime".

A l'issue du vote, les sénateurs ont observé une minute de silence en hommage aux plus de 606.000 Brésiliens décédés du Covid-19.

Le texte, qui avait été présenté par le rapporteur Renan Calheiros la semaine dernière, recommande aussi l'inculpation de quelque 80 personnes, dont plusieurs ministres, ex-ministres, compagnies, et les trois fils aînés de Bolsonaro, tous des élus.

La CPI ne pouvant aller plus loin, son rapport va être transmis au parquet, seul compétent pour inculper les personnes qu'elle a incriminées.

Mais dans le cas de Jair Bolsonaro, les spécialistes jugent une inculpation peu probable, puisqu'elle est du ressort du procureur général, Augusto Aras, un allié du président.

Toutefois, le "crime contre l'humanité" pourrait être jugé à la Cour pénale internationale de La Haye.

- Crimes "intentionnels" -

Le président brésilien -- antivaccin, anti-pass sanitaire et dont la cote de popularité est au plus bas -- s'était dit la semaine dernière "coupable d'absolument rien". "Nous savons que nous avons fait ce qu'il fallait dès le début", avait-il lancé.

Les accusations de la CPI devraient donc avoir une portée surtout symbolique pour l'heure, Jair Bolsonaro bénéficiant aussi de soutiens au Parlement à même de lui éviter une destitution.

Mais pour la CPI, ces crimes sont "intentionnels", le gouvernement ayant délibérément décidé de ne pas prendre les mesures nécessaires contre le coronavirus, espérant que la population atteigne "l'immunité collective", une stratégie "à haut risque".

La CPI a notamment dénoncé le "retard délibéré" dans l'acquisition de vaccins, le gouvernement ayant préféré promouvoir des traitements inefficaces comme l'hydroxychloroquine, avec des "conséquences tragiques" pour la population.

La CPI a aussi enquêté sur les responsabilités gouvernementales dans la pénurie d'oxygène qui a tué des dizaines de patients à Manaus (nord), et sur les relations entre Brasilia et des mutuelles de santé privées.

L'une d'elles, Prevent Senior, est soupçonnée d'avoir mené, à l'insu de ses patients, des expériences avec des traitements précoces et d'avoir fait pression sur ses médecins pour les prescrire à des "cobayes humains".

- Covid et sida -

En matinée, les 11 sénateurs de la CPI avaient demandé à la Cour suprême et au parquet la suspension des comptes Facebook, Twitter et Instagram du président "jusqu'à nouvel ordre", après qu'il eut associé le vaccin contre le Covid-19 au sida, dans une vidéo postée la semaine dernière sur les réseaux sociaux.

Le politologue Mauricio Santoro s'est dit auprès de l'AFP "sceptique" sur une telle éventualité. "Si on se base sur l'exemple de (l'ancien président américain Donald) Trump, il faudrait quelque chose de très grave, comme l'invasion du capitole" pour que M. Bolsonaro soit exclu de Twitter et Facebook, a-t-il dit.

La CPI a demandé également que Jair Bolsonaro "se rétracte sur une chaîne nationale (télévisée) concernant la corrélation entre vaccin anti-Covid et contamination par le sida", sous peine d'une amende de 50.000 réais (7.700 euros).

"Nous ne pouvons plus tolérer ce type de comportement", ont écrit les sénateurs, demandant aussi le blocage de l'accès du président à ses comptes afin d'"éviter la destruction de preuves".

Lundi, la plateforme vidéo YouTube avait suspendu pour une semaine les activités de la chaîne du président, après avoir retiré la vidéo, comme l'ont fait aussi Facebook et Instagram.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2019, Jair Bolsonaro, dont l'essentiel de la communication se fait sur les réseaux sociaux où il a plus de 40 millions d'abonnés, a régulièrement disséminé des informations erronées, dont beaucoup sur le coronavirus.

Pour en savoir plus :

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
2 commentaires

Vos commentaires

Miroslav 28.10.2021

Le président Bolsonaro a adopté la même stratégie sanitaire que celle proposée par notre caravane de la liberté. Il utilise les mêmes réseaux sociaux pour convaincre ses partisans.
De son point de vue, les 500 000 décès imputés au covid, font partie d'un processus de sélection naturelle qui a permis d'éliminer les plus faibles.

Répondre Signaler au modérateur
Smet 27.10.2021
Et dire que certains en Guyane croient en la Chloroquine...

Qu'a fait au juste Bolsonaro ?

Bolsonaro a mis en pratique durant des mois, le protocole anti covid proposé par le professeur Raoult, il s'en est suivi un génocide...

Ce protocole comprenant l'utilisation de ces médicaments existants combinés les uns aux autres fut le précurseur d'une vague complotiste qui a touché la Guyane de plein fouet.

Malgré la preuve d'inefficacité de cette croyance dont la stricte application a provoqué un génocide dans le pays voisin (Brésil), il y a toujours en Guyane de nombreux adeptes de cette idéologie, beaucoup demandent à abandonner la stratégie vaccinale au profit de la Chloroquine...
Face à ce déni provoqué par l'ignorance, mieux vaut encore tenter sa chance avec l'herb à Pik.

Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
2 commentaires
1 commentaire
3 commentaires
A la une