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Les kitesurfeurs veulent que la mairie de Montjoly prenne conscience des risques de leur pratique

Xavier-Paul Le Pelletier Lundi 14 Juin 2021 - 19h46

La lacération dans le bras de Laurence provoqué par l'une des attaches d'un kite - XPLP

 "Heureusement que mon aîné de neuf ans a eu les bons réflexes et qu'il a tout de suite sorti son frère qui avait la tête dans l'eau, le temps que je retrouve mes esprits" explique Laurence Leroux, encore passablement secouée de sa malheureuse rencontre avec les attaches de la voile d'un kitesurfeur qui n'a pas correctement su évaluer les conditions du plan d'eau de la plage de Sainte-Rita, à Montjoly, le 10 juin dernier. Contactée par l'un des responsables de la discipline en Guyane, ils espèrent ensemble que sa mésaventure permette de relancer les négociations avec la mairie afin créer des aménagements pour se prémunir des accidents.

"Honnêtement, pas moins de dix minutes auparavant, j'étais en admiration devant leurs pirouettes. Mais jamais je n'aurais pu soupçonner une violence d'une telle force. La dernière image que j'ai eu avant le choc, c'est de voir ces trois câbles noirs me foncer dessus, ensuite la seule chose qui me préoccupait c'était de protéger mon bébé dans mes bras. Pourtant la violence a été telle que je me suis retrouvée projetée hors de l'eau et je n'ai pas pu le retenir. Je ne m'en sors pas si mal malgré mes cinq jours d'ITT et les séances d'ostéo qu'il va nous falloir mon bébé et moi pour nous remettre" poursuit la maman installée depuis cinq mois en Guyane avec son mari pour y rejoindre de la famille à propos de l'accident que lui a provoqué sa rencontre avec une voile de kitesurf.

Ayant pris conscience du péril duquel elle a réchappé, les séquelles ne sont cependant pas que physiques. "J'ai été brûlée au niveau de la nuque, de la gorge et d'une épaule. Le fil était carrément enfoncé dans mon bras ! Mais c'est le lendemain que ça a été le plus difficile quand je me suis réveillée la tête comme dans un étau. Je me dit qu'heureusement que c'était tombé sur une adulte, plutôt que sur mon plus jeune fils. Lui ne serait peut-être plus là ou peut-être aurait-il des séquelles à vie" explique celle ayant été contrainte d'imaginer le pire.

Après avoir été assistée d'un père de famille et de deux femmes pratiquant la discipline, le temps que son mari parvienne à contourner la voile, Laurence se retrouve face au responsable de son accident qui choqué, se confond en excuses. Ce dernier lui laisse ses coordonnées afin de pouvoir être prise en charge par son assurance… Ce qui se révélera finalement impossible.

Rentrée chez elle littéralement déboussolée, Laurence prend néanmoins la peine de partager sa terrible expérience sur les réseaux sociaux. Très rapidement, elle reçoit des dizaines de messages de soutien, aussi bien de la part d'habitués de cette plage que de pratiquants. Entre temps, les deux kiteuses l'ayant secouru ont prévenu le responsable de l'association à laquelle elles sont membres, Yann Dejou. Ce dernier, aussi secrétaire de la ligue de voile libre lui propose que soient pris en charge des frais d'ostéopathie pour elle et son plus jeune fils.

Il lui fait alors part de sa connaissance du risque que représente leur pratique et la remercie de ne pas avoir publié un message à charge stigmatisant la discipline. Pour Yann Dejou, la situation est d'autant plus rageante qu'il y a déjà plusieurs années qu'il milite aux côtés des autres kitesurfeurs afin de pouvoir mettre en place des aménagements permettant de réduire les risques liés à ce sport impressionnant.

"Nous avons déjà tout calé : le bornage, les accès, la signalétique et même les montages financiers, assure Yann Dejou, secrétaire de la ligue de voile libre. Pourtant depuis huit ans que nous adressons nos demandes à la mairie de Rémire-Montjoly, elles sont toujours restées lettres mortes auprès des équipes municipales précédentes, poursuit celui qui aurait souhaité qu'un tel accident puisse être évité et qui a déjà rencontré la plupart des institutions pouvant avoir une incidence sur la gestion de ces plages. Jusque-là, on nous prétextait que ces problématiques n'étaient pas du ressort des prérogatives de la mairie. Nous avons finalement pu obtenir un rendez-vous mardi 22 juin avec la nouvelle équipe municipale, espérons que cette fois nous puissions être entendu afin de pouvoir éviter qu'un drame puisse arriver, conclut celui qui avec son association Guyakite contribue aussi à un public porteur de handicap de glisser en tandem sur l'eau et s'envoler avec lui à la force des voiles.

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2 commentaires

Vos commentaires

jayjay5 30.06.2021

Commentaire supprimé par la rédaction

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Garimpo 23.06.2021

Confidences d’un kit surfeur sur la plage à Rémire : «  avec le foil on coupe parfois des poissons en deux »
Combien de tortues amputees? De lamentins touchés ? Un jour un baigneur ? Le foil est une lame de rasoir qui fend l’eau à 30 km heure....

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jéjé76 22.06.2021

Un accident comme il peut en arriver , malheureusement ... Pour une fois , deux parties qui semble gérer la situation avec intelligence , dans un monde ou tout part systématiquement dans la violence et dans la haine ... Et confirmation que les gens qui ont à charge la gestion de notre environnement et notre sécurité ne sont pas à la hauteur ... abstention , vous avez dit abstention ???

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