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Santé

Vingt-cinq soignants libéraux suspendus un à l'hôpital

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr Mercredi 3 Août 2022 - 10h46
Vingt-cinq soignants libéraux suspendus un à l'hôpital
Jean-Victor Castor et Davy Rimane forment un binôme au sein du groupe communiste à l'Assemblée nationale, celui de la Gauche démocrate et républicaine qui compte dix élus des Outre-mer sur 22 membres. - G. Guitteau

Les députés Jean-Victor Castor et Davy Rimane tiennent une réunion publique dans l'auditorium de la Chambre de commerce et d'industrie, place des Palmistes à Cayenne, à partir de 18 heures, mercredi 3 août. Le sujet : le besoin de tous les soignants. L'occasion de revenir sur la question de la réintégration du personnel non vacciné.

  “Au regard du contexte sanitaire et du manque criant de personnels dans les hôpitaux, nous déplorons que le texte n’ait pas procédé à la réintégration immédiate des 12 000 soignants suspendus, privés de rémunération.
   Devant ses collègues du Palais Bourbon, le 25 juillet dernier, Davy Rimane dénonce le projet de loi sanitaire sur les nouvelles mesures liées à la lutte contre le Covid-19.
   En Guyane, l'Agence régional de santé (ARS) connaît les chiffres pour les professionnels de santé libéraux (PSL) puisque l'autorité de santé a la responsabilité de leur contrôle.
  Il y a dix infirmiers, trois kinésithérapeutes, un médecin, un orthophoniste et une sage-femme et cela depuis fin 2021. Si on ajoute les non-conventionnés, le nombre monte à 25 soignants libéraux.
  La principale coercition de l'ARS concerne l'arrêt des paiements par la Sécurité sociale donc elle ne peut pas faire grand chose au sujet des soignants libéraux non-conventionnés comme certains ostéopathes.
   Du côté du personnel hospitalier, l'ARS ne mentionne que la suspension d'administratifs. Ils sont 33 au centre hospitalier de Cayenne (CHC), six au centre hospitalier de l'Ouest guyanais (Chog) et 0 au centre hospitalier de Kourou (CHK).
   Le personnel soignant ne serait donc pas suspendu. Le taux de conformité à la vaccination de l'ensemble du personnel se monte à 85% au CHC, 88% au Chog et 75% au CHK.
    Une sage-femme du CHC nous a contactés après la parution de cet article pour nous signaler sa suspension depuis la fin de son certificat de rétablissement au Covid-19, fin avril. Une suspension reçue par mail. "J'ai fait des études de médecine. je sais qu'on ne se vaccine pas après avoir contracté la maladie. C'est un non sens médical. Ma suspension vient en plus dans un contexte de manque criant de personnel", s'insurge la sage-femme. A sa connaissance, elle était la seule professionnelle de santé à être suspendue bien qu'elle remette en question les pourcentages annoncés par l'ARS concernant le taux de vaccination du personnel.
   Alors s'ils n'ont pas obtenu gain de cause à l'Assemblée nationale puisque le proje de loi a été adopé le 26 juillet dernier, les députés Jean-Victor Castor et Davy Rimane n'abandonnent pas leurs convictions. Ils tiennent une réunion publique dans l'auditorium de la Chambre de commerce et d'industrie, place des Palmistes à Cayenne, à partir de 18 heures, mercredi 3 août. Le thème du jour : le besoin de tous les soignants. Donc de manière induite, on peut comprendre que la question de la réintégration du personnel non-vaccinés sera posée.
 La Haute autorité de santé (HAS) et l'académie de médecine s'oppose au retour des soignants non vaccinés
  Il sera difficile voire impossible de faire revenir le ministre de la Santé, François Braunsur sa décision de ne pas réintégrer les soignants non-vaccinés. Une décision qui s'appuie sur la Haute autorité de santé (HAS) et l'académie de médecine. Les deux institutions sont contre un tel retour.
   La HAS considère que "le contexte actuel marqué par une nouvelle vague épidémique due au sous-lignage BA.5 du variant Omicron" justifie le maintien de l'obligation vaccinale pour les soignants. Deuxièmement, l'autorité évoque "la disponibilité de vaccins sûrs et efficaces face au variant Omicron" qui "participent à la limitation de la diffusion de l'épidémie", rappelle Franceinfo.
   L'académie de médecine a exprimé sa “ferme opposition” à un tel retour la qualifiant même de “faute”. “La réintégration de professionnels de la santé non vaccinés au sein de l’équipe soignante compromettrait le climat de confiance et la cohésion qui doivent exister entre ses membres et avec les malades. Elle mettrait en péril les malades fragiles. Ne concernant qu’un nombre très limité de soignants, elle ne résoudrait pas les difficultés actuelles de fonctionnement de l’hôpital”, écrit l'académie dans un avis du 19 juillet.
   Près de 0,3% des professionnels hospitaliers, soignants et non-soignants, auraient ainsi été suspendus depuis l’automne 2021 selon la Fédération hospitalière de France. La HAS évoque 75 médecins et 2 000 à 3 000 infirmiers et aides-soignants dans son avis du 22 juillet.
   “La suspension sans rémunération du personnel concerné, outre les conséquences sociales graves qu’elle entraîne, porte une atteinte excessive à la liberté de travailler et au droit au respect de la vie privée du salarié. Cette situation de non-droit est juridiquement inacceptable”, dénonçait encore Davy Rimane sur les bancs du Palais Bourbon, lors de la séance du 21 juillet.
17 000 lits ont été fermés, dont 5 700 en pleine pandémie
   Il sera intéressant de voir, ce soir si le sujet mobilise des gens en Guyane. Au-delà de la question de cette réintégration, la question des moyens a donné aux hôpitaux reste prégnante.
   “ Depuis plus de deux ans, la gestion centralisée et autoritaire de la crise sanitaire par l’exécutif a été marquée par des dysfonctionnements à répétition, des dissimulations, un manque de transparence et la création d’un millefeuille normatif incompréhensible. Après le scandale des stocks de masques et des tests, le Gouvernement n’a rien fait pour préserver notre système de santé du risque de saturation. D’ailleurs, depuis 2017, 17 000 lits ont été fermés, dont 5 700 en pleine pandémie. Le constat est sans appel : l’État a failli”, scande le député kouroucien.
   En Guyane, l'actualité se veut paradoxale. Le Chog a fermé une partie de ses urgences faute d'infirmiers, pendant les grandes vacances... Et l'ARS annonce la transformation des Centres Délocalisés de Prévention et de Soins (CDPS) de Grand-Santi, Saint-Georges et Maripasoula en hôpitaux et le doublement des effectifs (à lire ici).
Pour aller plus loin :
Un édito du quotidien Le Monde à lire ici et l'intervention in extenso du député Davy Rimane, le 25 juillet à l'Assemblée nationale, à lire en cliquant ici.

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7 commentaires

Vos commentaires

Uku man 09.08.2022
fête des réacs

Whaou, ça se déchaîne par ici. Tous les réacs de droite dure, voire extrême, se retrouvent. Vous irez vous faire soigner par des personnels obligés de bosser "covidés", comme l'an dernier. Des raisonnements argumentés dirigés par la haine et la rancœur. Honte à vous et votre courte vue.

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Vieux blanc 06.08.2022

Des député indépendantistes acoquiné a un parti (LFI) refusant indépendance à TAIWAN et trouvant des excuses aux Poutines envahisseurs.L’extrême gauche la plus con du monde.

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Garimpo 05.08.2022
Donald Trump equatorial

Déclaration de Rimane:
« Le gouvernement a même empêché le débat sur la réintégration, retoquant tous les amendements » d’après Davy Rimane qui estime que la majorité présidentielle ne se base sur aucun fondement scientifique ou médical mais seulement « politique » pour poursuivre la suspension des soignants opposés à l’obligation vaccinale. »

Flagrant délit de mensonge. Haute autorité de santé (HAS) et l'académie de médecine. Seulement M. Rimane....
Ça promet, l’autonomie.

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jayjay5 05.08.2022
@ garimpo

et en quoi faudrait ecoutez "académie de medecine" et je sais pas qui? en quoi y sont plus "legitimes" que d'autres pour donné leur avis?

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Ergo sum 07.08.2022

"ne se base sur aucun fondement scientifique ou médical mais seulement « politique » .."
Si une ineptie est suffisamment répétée, elle devient la vérité pour vous ?
Si les pontifs désignés ous disent que 2 + 2 = 89, vous serez d'accord ?
Je vous plains.

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Garimpo 04.08.2022
Nous sommes mûres pour l’autonomie !

Castor et Rimane et face book, experts « santé » de notre prochaine autonomie.

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jéjé76 03.08.2022

Ils n'ont que ça à faire nos deux députés ? Défendre des professionnels de médecine irresponsables qui mettent en danger leurs patients par leur bêtise et leur ignorance !!!
Mais quid du pillage halieutique ? Quid du saccage aurifère ? Quid du black-out électrique qui nous arrive en pleine face ?
Ils feraient mieux de dénoncer ces irresponsables médicaux et chercher des solutions pour les remplacer !!!

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