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Société

Un dimanche mi-déconfiné ou "l'imbroglio dominical"

Iris Joussen Dimanche 20 Juin 2021 - 21h42

Comment ce dimanche mi-confiné, mi-contrôlé a t-il été vécu par les riverains et les commerçants? France-Guyane a fait le tour de l'Ile de Cayenne tout au long de la journée pour recueillir les impressions. Le résultat est assez chaotique. 

  • Il y avait du monde sur les plages de l’Ile de Cayenne pour ce dimanche mi-déconfiné.

  • Des familles profitaient de ce qu’ils comprenaient comme une journée déconfinée pour se baigner au lac du Rorota.

  • Parmi les stations essence ouvertes il y avait celle-ci vers Madeleine

  • L’un des seuls libre-service ouverts dimanche dans la matinée

 C’était un dimanche assez particulier. Exceptionnellement pour les élections, le préfet avait en effet annoncé la levée du couvre-feu du dimanche en faveur d’un régime « sur attestation » tel qu’appliqué aux jours de la semaine. Cela permettait ainsi de se déplacer dans un rayon de 10 km sans restriction d’horaires. Autre exception de ce dimanche : le couvre-feu commençait à 20h au lieu de 19h afin que les équipes des bureaux de vote aient le temps de dépouiller les bulletins. A cela s’ajoutaient les annonces de vendredi dernier autorisant tous les commerces à rouvrir à partir du samedi 19 juin. Comment ces annonces ont-elles été vécues et suivies d’effets aujourd’hui ? France-Guyane a fait le tour tout au long de cette journée. 

« On redécouvrait un dimanche avant ce confinement : beaucoup de circulation depuis ma fenêtre dès le réveil, ma belle-mère qui est passée à la maison pour déjeuner comme nous avions l’habitude de le faire auparavant. J’ai voté et j’ai profité du beau temps pour aller me baigner dans la piscine d’une amie. Bref, une journée agréable ! » raconte Marjorie, habitante d’un lotissement près d’Attila Cabassou. « Les grandes surfaces étaient ouvertes, c’était cool ! Mais sinon c’était un dimanche comme les autres pour moi » indique Elodie à l'entrée de l’un de ces supermarchés sous les coups de midi.

Une chance que n’auront pas connu d’autres riverains plus tôt dans la matinée. « J’ai fait le tour de plusieurs supermarchés vers 9h mais aucun n’était ouvert, je ne comprends rien. » grommelait Brigitte, une riveraine de Montjoly. Malgré l’autorisation d’ouvrir annoncée par le préfet, très peu de commerces - habituellement ouverts le dimanche avant le confinement -  ne l'étaient à cette heure-ci. Seules quelques boulangeries faisaient office d’exception à Montjoly. A défaut de trouver son bonheur et ayant aperçu par hasard un "vendeur de poulets" ouvert, Brigitte s’est alors rabattue sur ce met pour le déjeuner. Quant au vendeur, celui-ci n’est pas encore certain d’avoir le droit « Je verrai si les gendarmes viennent me voir si je ne suis pas autorisé. Je n’ai pas trouvé d’autres solutions. » confiera t-il. Parmi les libre-services, rares sont ceux dont la devanture était levée dans la matinée. « Ma femme a appelé tout le monde vers 9H/9H30. Comme nous avons comme client un sous-préfet, c’est lui qui nous l’a directement confirmé » raconte pour sa part l’un des gérants dont le libre-service était parmi les premiers ouverts.
 
"Des décisions à l’emporte-pièce"

Ce n’est qu’en fin de matinée, que les portes commenceront à s’ouvrir. « Nous l’avons su à midi et avons tout de suite ouvert. J’ai compris que dimanche prochain c’est pareil » se contentera de répondre la gérante, occupée à gérer l’afflux des personnes en fin d’après-midi. Quant à la fermeture ce soir, cette dernière en a déduit que c’était à 18h30. Elle n’est manifestement pas au courant que le couvre-feu ne reprenait qu’à 20h ce soir.

Du côté de ses clients, beaucoup semblaient s’approvisionner pour un pique-nique/ apéro à la plage. Ils étaient en effet nombreux à s'y prélasser en fin d'après-midi, de la route des plages jusqu'à Montabo. Près du Mont du Rorota, les voitures peinaient également à se garer. Autour, des familles entières se baignaient dans le lac dans la joie et la bonne humeur, faisant oublier le drame qui avait eu lieu quelques heures auparavant à quelques mètres seulement. 

Tous profitaient de cette journée ensoleillée mais dès que l’on demandait ce qu’ils pensaient de ce déconfinement un peu particulier et provisoire, c’est l’exaspération, voire la colère qui l’emportait. « On offre cette liberté au moment d'aller voter ?  Allez moutons, votez, c’est dans l’intérêt de nos élites. Et s’il y a une augmentation de cas covid d’ici quelques semaines, ils nous taperont sur les doigts pour nous dire que c’est de notre faute et que nous méritons d’être enfermés. Ils parleront alors de 4ème vague. Mais aucun problème pour les élections, ça ne compte pas ». Son ami préfère relever les incohérences plus factuelles "Donc les magasins non essentiels sont ouverts mais de notre côté nous n'avons le droit qu'aux achats essentiels si j'en suis l'attestation...Sera t-on contrôler en plein shopping?"

Une promeneuse sur la plage de Montjoly est tout aussi remontée : « Il n’y a aucune cohérence. Ce sont des décisions à l’emporte-pièce. A chaque fois c’est du jour au lendemain au mépris des gens et commerçants qui doivent réagir immédiatement. Un coup on confine sans laisser le moindre délai aux commerçants, une autre fois on prévoit une réouverture provisoire le temps de la fête des mères… Pour ensuite contrôler férocement tous ceux qui se déplaceront par la suite pour la fête des mères. Et maintenant, une annonce de dernière minute laissant penser que les commerçants peuvent désormais ouvrir. Mais on ne sait pas. Ce sera la prochaine surprise. On joue à Jacques à dit. ».

Sa fille qui l’accompagne surenchérit « Qui avait compris ce que l’on avait le droit de faire aujourd’hui ? Mais où est-ce qu’on en est ? Malgré l’assouplissement, des gendarmes étaient présents à des ronds-points pour contrôler les attestations et s’assurer que les gens ne dépassaient pas les 10km. Les pauvres, voilà à quoi ils en sont réduits. Et nous ce n’est pas mieux, on a l’impression d’être des délinquants pour ne pas être certains d’avoir pris la bonne attestation ». Ces opinions reflètent dans les grandes lignes celles des autres personnes interrogées par la suite. Sans les retranscrire, on retiendra que c’était une véritable cacophonie dans la tête des gens.


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Vos commentaires

A. LEA 21.06.2021

GESTION CALAMITEUSE
Du grand n'importe quoi la gestion par le nouveau Préfet !
Un jour on a le droit, un autre on ne l'a pas. Et on ne le sait que la veille. Les commerçants ne savent plus quoi faire et les habitants non plus. Un vrai casse-tête pour l'organisation d'une entreprise. Des notions qui sont totalement étrangères à ce commis de l'Etat. Après lui, le déluge !
Une honte !

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