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GUYANE

Robert Sebas révèle les raisons du divorce avec le comité Miss France

Samir MATHIEU Lundi 26 Octobre 2020 - 14h26
Robert Sebas révèle les raisons du divorce avec le comité Miss France
Robert Sébas estime que c'est avant tout un "problème de personne" qui a conduit à ce divorce avec le comité Miss France. - Samir MATHIEU

 A la fin du mois de septembre, Robert Sébas et le comité Miss Guyane ont annoncé l’annulation de l’élection Miss Guyane 2020. Quelques 24 heures plus tard, on apprenait que l’élection aurait finalement bien lieu, organisée avec un autre collectif. Le comité Miss Guyane a en effet renoncé à organiser l’élection cette année, en premier lieu à cause de la crise sanitaire. Mais d’autres raisons, bien plus profondes, ont mené, depuis plusieurs mois, au divorce avec le comité Miss France. Aujourd’hui Robert Sebas, et le comité Miss Guyane, révèlent sur France-Guyane, la face cachée de l’histoire. Voici leur vérité. Chronique d’un divorce annoncé.

 C’est la fin d’une époque. Le nom de Robert Sébas était indissociable de Miss Guyane, et par ricochet de Miss France, depuis près de 20 ans. Le Guyanais était l’homme qui menait de jeunes guyanaises sur les podiums des plus prestigieux concours de beauté, dont Miss France.

Avec la consécration en décembre 2016, et l’élection d'Alicia Ayliès, comme Miss France. Une victoire historique qui a permis à la Guyane de se distinguer pour la première fois dans l’histoire de Miss France. "C’était probablement le début de la fin", situe aujourd’hui l’ancien homme fort des Miss en Guyane. Robert Sébas réagit pour la première fois sur ce qui s’est passé ces dernières semaines : la fin de l’aventure Miss France pour le comité Miss Guyane.

« La genèse de tout ça commence en 2017 avec l’élection d’Alicia Ayliès. La société Miss France a fondé de grands espoirs dans la région pour que la Miss rayonne et puisse placer sa marque. Lorsqu’Alicia a été élue, il n’y a pas eu ce retour escompté, ne serait-ce qu’à cause de la distance. Il n’y a pas eu de grands contrats signés. Même lorsqu’il y a eu le salon du tourisme à Paris, la collectivité a dû payer pour qu’Alicia, alors Miss France, puisse venir sur le stand !», explique Robert Sébas.

Selon lui, cela a provoqué « une grande insatisfaction ». Dès ce moment là, Robert Sébas, a commencé à entendre « des bruits qui courraient selon lesquels j’étais fatigué, qu’il était temps que je passe la main... Des personnes ont contacté le comité Miss France pour proposer leurs services et me remplacer ».

Robert Sébas met en lien cette insatisfaction tant au niveau du comité Miss France que des partenaires qui étaient obligés de payer à tout bout de champ. Il rajoute que ses réclamations ont aggravé la situation : « il faut dire dire que je ne me suis pas laissé faire. Quand j’ai des choses à dire, je le dit ». Il aurait par exemple menacé Sylvie Tellier, la directrice du comité Miss France, de faire un scandale en pleine élection d’Alicia Ayliès alors même qu’on lui interdisait de monter sur le podium pour faire une photo avec "sa" Miss.

« A partir de là, j’avais décidé que j’arrêterai, mais quand je le voudrai. Nous avions décidé, avec le comité Miss Guyane, de se fixer nous même une date butoir, sans toutefois préciser laquelle. » explique t’il. Et de rajouter « je pense qu’on aurait pas été très loin, peut-être deux ans encore, car je commençais à saturer. Il fallait mener ma vie professionnelle et les Miss de front, de plus bénévolement. Nous sommes une petite structure. C’était pas tous les jours facile. Mais on avait commencé à préparer la relève. L’objectif était de mettre en place des jeunes qui pourraient prendre le relais ».

Voilà donc pour le cadre. Les choses se sont soudainement accélérées cette année. La crise du Covid a été un élément déclencheur. « En janvier, il y a eu une levée de boucliers face à la volonté de maintenir l’édition 2020 malgré le contexte sanitaire » explique Robert Sébas.

Plusieurs comités régionaux se sont alors élevés contre ce choix, « mais force est de constater que le comité Miss France a su bien manoeuvrer pour faire rentrer les voix contestataires dans les rangs ».

Et puis, il y a eu un important renouvellement des délégués régionaux. « On était encore une quinzaine de l’ère Geneviève de Fontenay et désormais il n’en reste plus que 2. J’estime que c’est voulu » rajoute Robert Sébas qui précise que « 7 délégués sont partis entre 2019 et 2020, soit parce qu’ils ont démissionné soit parce qu’ils ont été exclus ».

Pour Robert Sébas, « le comité Miss France est une espèce de petit préfectorat qui fait croire aux délégués qu’ils ont une espèce de pouvoir, qu’ils sont des princes consors. Or, il n’y a pas de cohésion ni de solidarité » regrette l’ancien délégué régional de Miss France.

Cette année, le comité Miss France a imposé de nouvelles règles, concernant le système de licence. Et les frais se sont multipliés. « On nous a rajouté de nouvelles dépenses très élevées qui nous mettaient en difficulté, mais on a dit : on le fait quand même » explique Robert Sébas.

« On a appris que la licence aurait un coût de 1 500 euros évolutif. Il fallait rajouter de nombreux frais de représentation, pour que Miss France vienne en Guyane pour l’élection. Cela a toujours fonctionné comme ça, donc on le savait, mais ça a pris d’autres proportions cette année ».


A cela se sont ajoutées plusieurs conversations téléphoniques avec Sylvie Tellier, la directrice de Miss France, qui avait succédé à Geneviève de Fontenay en 2010. "On a eu une première discussion en février où elle s’étonnait de mon absence à la réunion de janvier à Paris et où elle évoquait l’évolution de la réglementation. Quelques temps plus tard, elle m’a rappelé en me disant qu’elle n’avait pas trouvé la date de l’élection de Miss Guyane cette année, elle a alors voulu m’imposer une autre date que celle historique du deuxième week-end d’octobre. Puis, sous prétexte d’un autre rendez-vous fixé pour Miss France, de faire augmenter la somme réclamée pour sa venue en Guyane, en précisant que désormais, Miss France devait être présente pour tous les galas, que c’était une obligation ».

Robert Sébas explique lui avoir demandé le temps de la réflexion mais a fini par accepter, tout en précisant que « l’épidémie arrivait et que cela posait des problèmes ». « Entre temps, avec les membres du comité on s’est dit pourquoi pas. Ça va être difficile mais on va chercher les partenaires. Mais dans le courrier de réponse j’ai demandé si le but de toutes ces contraintes et coûts supplémentaires n’était pas de nous pousser vers la sortie ».

La réponse Robert Sébas l’a eu en direct au mois de mai. Sylvie Tellier l’a appelé une nouvelle fois directement. Et là, ce fut la douche froide pour Robert Sébas. La directrice du comité Miss France lui a affirmé d’entrée : « l’an prochain, vous n’aurez plus la délégation Miss France ». Robert Sébas lui a alors demandé d’étayer son propos : « Elle m’a dit qu’elle n’était pas contente de mes questionnements, des remarques que j’avais faites, que j’étais toujours en train de me plaindre et surtout elle m’a dit qu’elle n’avait pas à se justifier, qu’elle décidait toute seule et qu’elle me laissait jusqu’à la fin du mois de juin pour prendre ma décision ».

Robert Sébas explique que dans les semaines qui ont suivi, le comité Miss Guyane a été « complètement ignoré ». « On a pourtant lancé notre campagne de recherches de fonds alors qu’on était en pleine pandémie. On s’est même dit qu’on allait le faire sur nos fonds propres avec une élection réduite à minima pour faire le moins de frais possibles ». Et Robert Sébas de préciser qu’avec le comité, ils avaient décidé « de ne pas démarcher les entreprises qui étaient en grande souffrance en raison de la pandémie. On allait pas leur demander un effort dans cette période si difficile, juste pour un événement festif ».

Le comité a tout de même lancé la campagne pour recruter les candidates « on a eu 11 candidates qui se sont présentées, dont certaines se retrouvent aujourd’hui dans le panel actuel » précise Robert Sébas. Et c’est à la fin du mois de septembre que le comité Miss Guyane a décidé de renoncer à l’organisation de l’élection cette année.

« C’est nous qui avons refusé d’organiser l’élection et non le contraire » tient à souligner Robert Sébas. Sur le comité qui a repris le flambeau, Robert Sébas leur souhaite « bonne chance ». « C’est une organisation lourde mais j’ai l’impression qu’ils ont déjà trouvé bon nombre de partenaires. Il y a un nom qui semble t’il a plus de réseau que le mien » souligne, avec un peu d’amertume, Robert Sébas. Et qui cite un proverbe créole pour mettre en garde ceux qui ont pris le relais « Memn baton ki bat chyen blan a li ki ka bat chyen nwé ».

Robert Sébas estime que c'est avant tout un "problème de personne" qui a conduit à ce divorce avec le comité Miss France. - Samir MATHIEU


Sur le fond de l’histoire, pour Robert Sébas « c’est avant tout un problème de personne. Ça n’a jamais été le grand amour avec Sylvie Tellier. Elle ne m’a jamais embrassé ni serré la main. Ça montre son état d’esprit à mon encontre. » Robert Sébas explique ensuite qu’il y a « un rapport compliqué à l’argent  avec le comité Miss France. Ils prennent tout et ne donnent rien ». Et de conclure « Je n’ai pas de honte à avoir. On n’a pas démérité. On a aucun regret ».

Voilà pour la fin de l’histoire avec Miss France. Une page s’est tournée. Désormais le comité Miss Guyane va poursuivre ses activités et envisage dans le futur d’organiser d’autres concours « mais il est trop tôt encore pour en parler » estime Robert Sébas pour qui « rien ne nous empêche d’élire une miss Guyane rien que pour la Guyane ». Et de terminer en rappelant le bilan du comité Miss Guyane qui a, à son actif "deux Miss Caraïbes, 1 Miss France, 6 classements dans les 12 premières à Miss France ».

Le comité Miss Guyane se dit "fier du parcours réalisé" et envisage de porter d'autres élections à l'avenir - Samir MATHIEU


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