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Justice

“Quel sera le sens de la justice après tout ce temps ?”

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr Mardi 5 Juillet 2022 - 11h55
“Quel sera le sens de la justice après tout ce temps ?”
Le député Jean-Victor Castor discute avec Delana Alexander, une infirmière convoquée au palais de justice du Larivot, mardi 5 juillet. Xavier Nelson, membre de la caravane de la liberté était dans l'équipe du candidat Castor. On devine Philippe Bouba, cinquième vice-président de la CTG en arrière plan ainsi que Apa Mumia Makeba du Mouvement international pour les réparations. - G. Guitteau

Sept manifestants contre la politique vaccinale du gouvernement étaient convoqués devant la justice, mardi 5 juillet à partir de 8 heures. Tous les procès ont été renvoyés, quelques-uns en septembre et les autres entre mars et juin 2023.

  “Un fiasco. Non, plutôt une farce.” Les mots de maître Leblanc sont durs mais caractérisent bien cette matinée judiciaire du mardi 5 juillet.
  Yvane Goua et Olivier Goudet faisaient face à 13 convocations, six pour la deuxième des dernières législatives et 7 pour son remplaçant.
  Cinq autres personnes issues de la caravane de la liberté étaient concernées par l'audience : Delana Alexander, Loïs Pindard, Guy Frédéric, Patrick Palmot et Olivier Vaïti. Seul ce dernier était présent, les autres étaient représentés par leurs conseils.
  Les chefs d'accusations sont nombreux : organisation de manifestation non déclarée, violence contre des personnes dépositaire de l'autorité publique, outrage, entrave à la liberté de travail, de circuler...
   Loïs Pindard, accusé de violences sur une personne détenant l'autorité publique avec une ITT de moins de 8 jours, veut renvoyer afin de faire comparaître des témoins. L'affaire est donc renvoyée au 16 mars 2023 à 8 heures.
   Il est reproché à Guy Frédéric, l'ancien leader du pôle santé des accords de Guyane d'avoir organisé une manifestation sans l'avoir déclarée et une entrave au travail. Il reviendra avec Yvane Goua et Olivier Goudet le 9 mai 2023.
 
Le préfet parmi les plaignants
  Olivier Vaïti est accusé de menace avec une arme sans incapacité envers le préfet. Ce dernier n'était pas représenté. Le procès est renvoyé au 12 septembre 2022.
   Dans la cause des renvois, deux problèmes majeurs apparaissent. Le premier : l’accès à la procédure de la défense. Soit ils n'ont pas obtenu les pièces comme les vidéos qui accuseraient les prévenus, soit le dossier a été envoyé, il y a moins d'une semaine pour des gardes à vue qui se sont déroulées en février.
  “Il est important que le droit de la défense soit respecté, je ne m'oppose donc pas à ce renvoi”, déclare la procureure. Devant les dates de renvoi très lointaines, la représentante du ministère public questionne la présidente du tribunal. “Quel sera le sens de la justice après tout ce temps ? Quel message la justice fera passer alors que les faits commis sont si éloignés ?” "Celle d'une justice apaisée", tente la juge.
"Le procureur de l'époque était trop pressé d'accuser à tout va"
   Un autre écueil interpelle. L'officier de police judiciaire a oublié de signaler la volonté de Yvane Goua et Olivier Goudet de ne pas signer certains documents. Le Parquet, donc monsieur Finielz à l'époque aurait dû citer à comparaître les manifestants et non les convoquer. Les procès sont reportés au 9 mai 2023 et au 20 juin 2023.
  “En 43 ans, c'est la première fois que je vois ça. Le procureur de l'époque était trop pressé d'accuser à tout va. Treize convocations pour madame Goua, c'est un abus. Ce sont des procès politiques. Qui sont les plaignants ? Des gendarmes, l'ARS, la Croix-Rouge...” remarque l'avocate Louze-Donzenac.
  “Le nouveau procureur Yves Le Clair pourraient ne pas citer à comparaître les manifestants et en terminer avec ces affaires ridicules. Je me demande si avec la nouvelle Assemblée nationale, nous ne pourrions pas assister à une amnistie pour les gilets jaunes et nos manifestants”, se questionne maître Leblanc. “Surtout que nous avons des moyens qui montrent que nos clients n'organisaient pas mais participaient seulement aux manifestations”, affirme maître Louze-Donzenac
"On criminalise les militants. Ce sont des procès politiques"
  A l'extérieur, Jean-Victor Castor, le député de la première circonscription est présent. Il ne refuse pas l'idée d'amnistie mais ne se montre pas plus intéressé. En revanche, ce qui sûr c'est que le nouveau député soutient les militants de la caravane de la liberté :”Pourquoi je ne serais pas là ? Je suis un citoyen qui fait partie de la caravane. Ce n'est pas parce que je suis député que ma position a changé. C'est une mascarade. On criminalise les militants. Ce sont des procès politiques. Ils se sont engagés pour une cause juste à l'échelle du monde et de la Guyane. La réintégration du personnel soignant est un chantier phare pour moi et Davy Rimane. On se battra toute la mandature s'il le faut. On emmerde le personnel soignant qui est diplômé avec des compétences. On abandonne des personnes âgées”, dénonce le député du Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale.
Le préfet fustige les deux députés
  Par ailleurs, le préfet Quéffelec a fustigé les deux députés lors de son passage dans Guyane soir, lundi soir. “Je ne comprends pas cette volonté d'instaurer un rapport de force de leur part. Je suis très étonné. En République, on travaille ensemble avec des idées. Je trouve cela inélégant.”
  “On m'a rapporté ces propos. Je verrai si c'est utile de répondre ou pas. J'ai autre chose à faire. Ce qui est important c'est de construire, qu'il le veuille ou pas, ce rapport de force à l’intérieur du pays”, répond Jean-Victor Castor.
  Apparemment, il n'y aura pas de lune de miel entre les deux membres de la gauche démocrate et républicaine et le représentant du gouvernement en Guyane.

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4 commentaires

Vos commentaires

toniokila 06.07.2022
Députés militants

Apparemment ça dérange certains de voir des députés aux côtés du peuple guyanais, plutôt qu'en costume dans leurs belles voitures aux vitres teintées avec chauffeur. Va falloir vous y faire ou alors rejoindre la mère patrie où tout semble parfait vous y serez mieux et nous aussi sans vous.

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Josse 06.07.2022

Rejoindre la mère patrie ?? A qui vous adressez vous ??

Vous pouvez également rejoindre la terre de vos ancêtres, si les lois de la république Française ne conviennent pas.

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Paassy 06.07.2022
Guyane enlisée

Castor et Rimane, députés gauche démocrate et républicaine, voilà déjà une belle farce, mais Castor qui soutien les siens devant le tribunal, là on sait qu'on va avoir droit à 5 ans de cirque, plus ou moins comique. Député, c'est représenter une population pas un syndicat ou des groupes militants. Et ça va etre que ça, entre deux aller retour vers Paris. Quelle misère...

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Thibault Loupec 06.07.2022
L'amnistie... un café et un mars svp!

Le personel soignant diplômé et compétent travaillait et travaille encore dans les murs de l'hôpital!
Le personnel soignant diplômé et compétent n'a pas à être contraint de montrer l'exemple.
Pendant ce temps-là, ceux qui ont abandonné les personnes âgées, ces pseudo-soignants dont la vocation s'est envolée dès les premières Recommandations vaccinales, ceux-là aboyaient devant l'hôpital sur des sujets qui les depassent, à l'aide de draps en guise de banderoles. Il y était inscrit des sloggans aussi reducteurs qu'erronés, à la bombe noire frissonnante manipulée par l'imbecilité rancunière.

Et pour ces gens, il serait question d'amnistie??
La farce est bien là et nous en sommes les dindons!
Nous devrions oublier que ces gens ont abandonné leurs patients pour de fausses raisons, que d'autres ont empêché des gens de travailler, on devrait faire une croix sur les agressions présumées envers des forces de l'ordre, nous devrions être indulgents envers ces gens qui se placent au-dessus des lois?

Ici commence l'anarchie.

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