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SOCIÉTÉ

Lumière sur la panne d'électricité de samedi

S.R. Lundi 26 Juillet 2021 - 19h36
Lumière sur la panne d'électricité de samedi
Michel Durand (à droite) au dispatching d'EDF en Guyane, dans les locaux de l'électricien Boulevard Nelson Mandela à Cayenne. - S.R.

 Après la panne générale de samedi après-midi, qui a privé d'électricité près de 60000 foyers, EDF fournit les premières explications. Les pluies record enregistrées au niveau du barrage hydroélectrique de Petit Saut ont causé un phénomène inédit. 

 Suite au black-out qui a privé la quasi-totalité de la Guyane d'électricité samedi après-midi, la direction d’EDF fait la lumière sur les causes de l’incident. De facto, les pluies exceptionnelles de la fin de saison des pluies ont mis en exergue les failles du système énergétique sur le territoire. « À 14 heures on a perdu les deux lignes qui évacuent l’énergie qui sort du barrage de Petit Saut. Ça a engendré un phénomène de perte de l’ensemble de l’alimentation pour la Guyane » retrace dans un premier temps Michel Durand, directeur d’EDF en Guyane.

Comme expliqué lapidairement par Météo France dans cet article, ce week-end du 24 au 25 juillet s’est avéré être particulièrement orageux et pluvieux. L’équateur météorologique d’alizés, gardant une « position anormalement basse pour un début de saison sèche » pour citer le service météorologique, a contribué à amplifier les phénomènes d’averses soutenues, notamment du côté de Petit-Saut. À l’endroit même du principal moyen de production d’électricité en Guyane, qui compte quatre turbines pour une puissance installée totale de 114 MW, et dont le rendement dépend des conditions d’hydraulicité (de débit des cours d'eau).

Le premier ouvrage hydraulique construit en milieu équatorial par EDF a donc fait face à un incident inédit ce week-end. Sur les innombrables impacts de foudres recensés sur la confluence du Sinnamary avec la crique Cœur Maroni, plusieurs ont touché, à quelque 120 millisecondes d’écart, les deux lignes – une ligne à haute tension « classique » et une ligne de « sécurité » selon les explications d’EDF – qui conduisent l’électricité vers le réseau principal guyanais.

« Ces dernières se sont mises en sécurité pour laisser le temps à l’énergie de la foudre non pas de remonter sur les réseaux électrique mais comme c’est prévu de rentrer dans la terre pour éviter que l’énergie aille détruire des installations. » poursuit Michel Durand.

Le barrage de Petit-Saut, mis en eau en 1995 sous le signe d’une expansion des énergies renouvelables encore peu exploitées en Guyane, fournit en moyenne, dans les années où le débit est considérable, 61% de l’énergie du territoire. « En fin de saison des pluies, lorsqu’il y a beaucoup d’eau dans le barrage, il fournit jusqu’à 80% de la production électrique. À l’inverse, en saison sèche, il ne fournit que 20 ou 30% de l’électricité » précise la direction. Ce samedi, on tendait plutôt vers les 80%, comme confirmé par la directrice de cabinet du directeur d'EDF.
"Electriquement on vit tout seul"
Ces fluctuations au demeurant assez largement imprévisibles introduisent un risque significatif de rupture d’approvisionnement lors des années les plus sèches. Ce qui nécessite un dimensionnement spécifique du système électrique. Mais cette année, marquée par une pluviométrie des plus importantes, reste sans précédent. La conjonction des deux impacts de foudre sur deux lignes à haute tension distinctes était également une "grande première" pour le service public.

« Les derniers événements de ce type-là datent de 2018, la similitude n’est pas évidente. On n’a pas trouvé de coupures qui ont eu les mêmes origines » fait valoir Michel Durand. Avant de préciser : « Electriquement on vit tout seul, c’est-à-dire qu’on n’est pas connectés au Brésil ou au Suriname. Si on perdait à nouveau ces deux lignes on sait qu’on pourrait avoir les mêmes conséquences, c’est ce qui nous amène à investir et à trouver de nouvelles solutions pour éviter que ces phénomènes arrivent trop régulièrement, voire qu’ils n’arrivent pas du tout. »

Ce samedi, près de 60000 foyers ont ainsi été privés d’électricité après l’épiphénomène. A pied d’œuvre, les agents du service public, mobilisés à hauteur d’une centaine face à l’ampleur de la panne, qui concernait presque toutes les communes du littoral, alimentées par « l’autoroute » du réseau électrique guyanais, ont d’abord veillé au bon fonctionnement des protection afin d’éviter des dégâts irrémédiables sur les installations électriques. Le thermique a ensuite pris le relais.
La carte du réseau électrique guyanais. - S.R.


La procédure de reprise du courant emboîtant progressivement le pas, palier par palier. Les 9000 foyers « légaux » recensés à Saint-Laurent-du-Maroni ont été privés d'électricité pendant 1h30, contre 2h30 voire 3h dans les autres communes concernées. Un délai amoindri en raison de l’activation rapide d’un système électrique isolé exploité par EDF, et similaire à ceux en place dans les communes de l’intérieur, qui n’ont pas été concernées par la « panne générale ».

24 groupes électrogènes, chacun d'une puissance thermique de 1934 kilowatts, ont été installés cette année au niveau du carrefour Margot, à Saint-Laurent du Maroni, où se trouve déjà un poste EDF. Cette nouvelle centrale doit justement servir d'appoint au réseau électrique de la commune. Depuis la salle du dispatching régional, qui se charge de la conduite des réseaux en région, l’activation des turbines de Degrad-des-Cannes a ensuite permis la remise en fonction du réseau électrique guyanais.

« Même si le phénomène est exceptionnel, on ne maîtrise pas dame nature donc on ne peut pas dire qu’il ne se reproduira pas. Et dans la mesure où on estime qu’il se reproduira, on réalise maintenant toutes les analyses. On va regarder quel axe prendre pour rendre le réseau plus robuste. » conclut Michel Durand.

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1 commentaire

Vos commentaires

Stéphane de Montjoly 27.07.2021

Bonjour,
Tout d'abord, merci d'exister et de nous tenir informés de l'actualité.
1/ le reportage sur les vols des antilles via Paris n'existe pas,
2/ Y a t'il quelqu'un qui relit les articles avant parution ? Il y a d'énormes fautes tous les jours dans chaque article. Ca ne fait pas sérieux.
Cdlt

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