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GUYANE

La colère d'un habitant de Cayenne contre les décharges sauvages !

Samir MATHIEU Mardi 27 Octobre 2020 - 19h57
La colère d'un habitant de Cayenne contre les décharges sauvages !
Michel Del Mastro constate les dégâts, juste devant chez lui. Les décharges sauvages menacent sa tranquillité, la santé et le bien-être et pèse sur la valeur immobilière de sa maison. - Samir MATHIEU

C'est un véritable coup de gueule que pousse un habitant de Cayenne "révolté" par le fléau des ordures entassées dans les rues de la ville. Samedi, un incendie de ces décharges sauvages a eu lieu juste devant sa maison, située avenue de la Liberté au niveau du canal Laussat. Les pompiers ont dû intervenir pour maîtriser le sinistre. Michel Del Mastro a déposé plainte contre X. Il explique pourquoi ce phénomène est pénalisant.

C'est un habitant révolté et dégoûté par la situation qu'il vit au quotidien et qui pousse aujourd'hui un vrai coup de gueule. Michel Del Mastro vit à Cayenne depuis 2009. Depuis 2015, il habite une maison qu'il a construite avenue de la liberté, au niveau du canal Laussat. Et il subit les nuisances des dépôts d'ordures sauvages. Un phénomène qui n'est pas nouveau à Cayenne, mais qui est persistant, malgré quelques opérations mises en place par les autorités.
Il tire la sonnette d'alarme
Michel Del Mastro veut "tirer la sonnette d'alarme sur le nombre de décharges sauvages" présentes à Cayenne dans le centre-ville. Ce professeur de technologie, enseignant dans un des collèges de Cayenne, subit cette situation le long du canal Laussat depuis 5 ans maintenant. Mais il estime que les choses "s'aggravent avec le temps". Samedi, un important incendie de poubelles a eu lieu juste devant sa maison. Il affirme qu'il a eu particulièrement peur, pour son fils, pour lui-même mais aussi pour la maison qu'il a construite. Les pompiers sont intervenus et ont maîtrisé le sinistre, mais les déchets carbonisés sont toujours devant sa porte plusieurs jours après. Et pire, d'autres déchets ont été déjà entassés par dessus. Il a déposé plainte contre X auprès du commissariat de Cayenne, mais n'a pas eu du nouvelle sur le traitement, ou non, de sa plainte, déposée en ligne.
Le canal Laussat, la rue et la maison infestés de rats  !
Michel Del Mastro met en avant en premier lieu les conséquences de ces décharges sauvages. Il explique : "Au delà de la pollution visuelle et olfactive, il y a de nombreux problèmes sanitaires. Nous sommes infestés par les rats. C'est l'horreur le long du canal, sur le trottoir et même dans la maison. On les voit défiler tous les soirs. Et ils n'ont même pas peur ! A cela, s'ajoutent donc les risques de maladies, sachant qu'on a énormément de moustiques, attirés par les points d'eau stagnant, qui s'accumulent dans ces tas d'ordures". Michel Del Mastro se dit aussi "catastrophé" en voyant les enfants, de 2 à 11 ans, "qui jouent tous les jours autour de ces poubelles. Certains ramassent les objets pour en faire des jouets. Ils n'ont même pas conscience des risques qu'il y a" se désole t'il. Cet habitant déplore aussi que ces entassements attirent aussi des sans-abris ou même des personnes droguées "qui viennent fouiller dedans".

Pour lui, le problème critique ce sont les incendies, comme il y en a eu un samedi dernier devant chez lui. Pour lui,"il y a quasiment une décharge sauvage qui brûle chaque mois" et de rajouter "j'ai peur pour mon fils en premier lieu, mais aussi pour moi, et pour notre maison". Il dit qu'il a été particulièrement effrayé samedi en voyant une bonbonne de gaz au milieu des flammes "imaginez si ça explose, les dégâts que cela va engendrer. Faut-il attendre d'avoir un mort pour réagir ?".

Cela a aussi des conséquences sur sa vie sociale : "désormais je refuse catégoriquement de faire venir mes amis chez moi : "entre les prostituées, les toxicomanes, les poubelles et les rats, je ne peux plus inviter personne".
La valeur immobilère en chute libre
La dernière conséquence qu'il a constaté, et non des moindre, c'est qu'il n'arrive pas à vendre sa maison. En instance de divorce, ce professeur entend déménager. Cela fait des mois qu'il essaie de vendre sa maison, en vain : "tous les acheteurs qui viennent son tellement dégoûtés par l'environnement qu'ils ne me donnent aucune nouvelle, aucune proposition". Et de préciser "j'ai investi beaucoup dans la construction de ma maison, je n'ai pas envie de la brader complètement, mais aujourd'hui, je sais que si je veux la vendre, il faut que je baisse considérablement le prix". Pour lui, ce contexte "pèse lourd sur l'immobilier".
Deux responsables à ses yeux
Michel Del Mastro estime qu'il y a deux grands responsables à cette situation. En premier lieu selon lui, les premiers responsables "sont les personnes qui pratiquent ce genre de méfaits. Je n'arrive pas à admettre qu'on puisse jeter ses poubelles chez le voisin. C'est au delà du manque de respect, c'est un problème d'éducation et de civisme" explique t'il amer.
Les seconds responsables à ses yeux sont "les pouvoirs publics, dont la mairie". "Oui on m'a dit que c'est la CACL qui gère les déchets. Mais il faut qu'ils arrêtent de se renvoyer la balle et qu'ils assument" insiste t'il.

Michel Del Mastro fait donc plusieurs propositions, utiles selon lui pour régler, ou améliorer la situation. Cet habitant dénonce l'absence de balayeur lors du ramassage des ordures. Il regrette que "lors des collectes, on ne ramasse que les containers, et non les sacs qui sont autour et encore moins les encombrants". Pour lui, il faut augmenter et rendre plus efficace la collecte des encombrants, qui n'a lieu sur place "qu'une fois par mois". "Et encore, la semaine dernière, j'ai interpellé le chauffeur qui passait sans s'arrêter alors que le trottoir était rempli. Il m'a dit que le camion était plein !" s'indigne t'il. "Pour moi, le bateau prend l'eau et on écope à la petite cuillère" tonne Michel Del Mastro. Il demande aussi à ce qu'on augmente le nombre de containers dénonçant "une grande désorganisation" en place actuellement.
"Le service n'est pas rendu"
Michel Del Mastro met en doute l'efficacité des panneaux d'interdiction menaçant de 1 500 euros d'amende en cas de dépôt d'ordure, installés par la mairie ces derniers mois. "J'aimerai savoir combien la mairie a intenté de poursuites" demande t'il sceptique avant de réclamer "un durcissement des sanctions".Et de se plaindre que "la police municipale soit absente sur le terrain".

Michel Del Mastro est d'autant plus en colère qu'il estime que le service du aux habitants qui payent leurs impôts "n'est pas rendu" en précisant qu'il verse tous les ans 2 500 euros de taxe foncière : "c'est un mois de salaire et il n'y a aucun service en contrepartie" s'indigne t'il.

Cet habitant appelle donc à la constitution d'un collectif d'habitants : "j'appelle les Cayennais à se mobiliser". Il voudrait faire bouger les choses, et réflechis à poursuivre la mairie devant la justice administrative sur ce dossier. Avant de s'interroger à haute voix : "combien d'élus habitent réellement dans le centre-ville de Cayenne ? Combien d'élus subissent ce qu'on subit au quotidien?"

Michel Del Mastro a une adresse mail pour les habitants qui seraient intéressés pour monter un collectif sur ce sujet : michel.delmastro@laposte.net

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2 commentaires

Vos commentaires

cap40 30.10.2020
Photo truquée...

photo truquée...
Cayenne est propre et bien entretenue
La forêt est propre et bien entretenue
Les ponts des chutes Voltaire sont propres et bien entretenus
La Guyane la suisse de l'Amérique...
Allez les zélus...on décolle!!!

Répondre Signaler au modérateur
mikeromeo 30.10.2020

La bouteille de gaz, c'est peut-être ce qui crains le moins.
Mais en effet, les élus ne sont pas franchement concernés par cela.

Répondre Signaler au modérateur
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