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SOCIÉTÉ

À l’aéroport Félix-Eboué, une manifestation qui sème la confusion

S.R. Mardi 31 Août 2021 - 17h07
À l’aéroport Félix-Eboué, une manifestation qui sème la confusion
Les manifestants se sont rassemblés dès 5h du matin devant l'aéroport. - S.R.

 Non, l’aéroport Félix-Eboué n’était pas bloqué ce matin. A l’appel d’une intersyndicale, des salariés de la plateforme aéroportuaires ont suivi le mouvement de grève générale initié par l’UTG. Deux des portes coulissantes donnant accès à l’aérogare étaient obstruées par des tables et des chaises. En raison du manque d’agents sur place, le débarquement des passagers de deux vols en provenance de Fort de France et l'embarquement d'un vol Air Guyane ont été retardés.

 Un blocage partiel pour militer contre l’obligation vaccinale et le pass sanitaire a été le centre de l’attention d’un dispositif important des forces de l’ordre. Dès 5h, ce mardi 31 août, ils étaient une trentaine à disposer chaises et bancs de manière à obstruer le passage en sortie de l’aérogare. Si le dispositif paraissait improductif de l’extérieur, le fonctionnement de l’aéroport Félix-Eboué, considéré par bon nombre d’organisations - qui comptent parmi les réfractaires aux mesures de freinages, à l’obligation vaccinale, ou encore au pass sanitaire - comme la "porte d’entrée" du Covid-19 sur le territoire, a été mis à mal ce mardi matin.

Nombreux sont ceux qui ont présenté les manifestants comme responsables d’un blocage “complet” de l’aéroport, mais il n’en était rien. Kenny Chen-Tung, de l’intersyndicale UTG-GPAR, nous a expliqué la démarche : « il s’agit d’un piquet de grève. Si des bancs et des chaises ont été utilisés, les portes ont toujours été ouvertes. » Pourtant, l’effet d’annonce a entraîné un engrenage difficilement arrêtable. Annoncé comme bloqué, l’aéroport a fait l’objet d’une visite d’un huissier de justice à la demande de la CCIG, qui par la voix de sa présidente sollicitait une intervention du préfet après avoir eu connaissance de l’action des manifestants.

Résultat, au jour 2 de la « grève générale », les réfractaires à l’obligation vaccinale, qui représentaient une grande partie des corps de métiers présents en zone aéroportuaire, ont été confrontés à tout ce qui est d’usage en matière de coercition. L’aéroport étant une zone de compétence de la police aux frontières, ce sont les hommes du STPAF (service territorial de la police aux frontières) et du STSP (service territorial de la sécurité publique) qui ont cadré le rassemblement. Empêchant les manifestants d’encombrer d’autres portes, avant de les sommer de quitter les lieux, sans jamais employer la force. « On est venu en paix, s’ils nous demandent de partir, on partira » nous expliquait Davy Rimane, de l’UTG Eclairage, présent en soutien à la manifestation. Pourtant, peu de manifestants - voire aucun - ont fait le choix de l'abdication.

Vers 11h, Philippe Jos, nouveau directeur territorial de la police nationale, a pu constater sur place, accompagné par Yannick Xavier, secrétaire général de l’UTG, que le passage n’était effectivement pas bloqué, en tout cas sur la moitié des portes. Le commandant de la gendarmerie de Guyane Stéphane Bras s’est également essayé à obtenir des explications quant aux vélléités des manifestants, sans réel succès. En parallèle, une mission de contrôle et de filtrage était menée par les gendarmes de la compagnie de gendarmerie de Matoury au rond-point Califourchon. La caravane de la liberté, n’a pas pu poursuivre sa route jusqu’à l’aéroport. Les différents véhicules qui s’y raccordent, dans le cadre de sorties de plus en plus fréquentes sur fond de rejet de l’obligation vaccinale, ont tous été bloqués au barrage précité.

Le Facebook live de France-Guyane ci-dessous : 



« Il y a eu un blocage pour militer contre l’obligation vaccinale et le pass sanitaire. Aujourd’hui on nous dit qu’il y a entrave à l'accès à l’aéroport et qu’il faut libérer les lieux pour que les passagers puissent y accéder, nous expliquait dans ce live Aymeric Francis, de l’intersyndicale CDTG, avant de dénoncer : on n’est pas écouté, les choses sont bloquées. Les accès forts vont forcément se débloquer vu que c’est un mouvement pacifique ». Soit, il n'en est pas moins que, résultat officiel de la mobilisation, les agents de l’exploitation aéroportuaire, de sécurité, les pompiers ou encore les responsables de la sûreté qui n’ont pas pris leur service ont laissé derrière eux un vide considérable. A tel point que les passagers d’un vol Air Guyane programmé à 8h ont embarqué avec trois heures de retard.

Passé les sommations et les pourparlers, le préfet de Guyane, présent sur place, a tenu à rappeler : la sûreté, assurée par des sapeurs-pompiers spécialisés, l’inspection filtrage, pour assurer la sécurité des aéronefs, et le catering dépendent de ces salariés. Toutefois,  la situation se serait rapidement décantée : « le ravitaillement des aéronefs ne pose pas de problème, la présidente de la CCI m’en a donné la garantie. Raison pour laquelle on peut dire que même si deux portes sur quatre fonctionnent, le reste des services est au même niveau qu’il y a quelques jours. » poursuivait Thierry Queffelec. Si le mouvement se durcit, la grève générale perlée ne produit pas toujours les effets qu’on lui adjuge… Après vérification, les trois vols opérés par Air France dans l’après-midi ont pu prendre leur envol sans retard.

En parallèle, une délégation de grévistes a été reçue ce jour, vers 14h, en préfecture. Les syndicats des Rangers (sécurité), du GPAR, d'Air Guyane, de Guyanet, de la Samsic (sous-traitant d'Air France) ou encore de la CCIG ont été accueillis par Christophe Coelho, directeur des services de la Préfecture, Carine Sinaï-Bosou, présidente de la CCIG et le préfet Thierry Queffelec. « On n’a rien obtenu de concret. On a eu une discussion avec lui concernant le pass sanitaire et les motifs impérieux. Il nous a informé qu’à l’aéroport, la vaccination ne sera pas une obligation pour les agents. » explique Karl Dimanche, délégué syndical de la CCIG. Thierry Queffelec a en effet rappelé qu'une dérogation a été prise concernant l'obligation vaccinale pour les salariés de la plateforme aéroportuaire. Ladite obligation y rentrera en vigueur "seulement" le 15 octobre. « Mais après la dérogation, il y a l’obligation, nous on n’en veut pas. » s'insurge le représentant syndical.

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9 commentaires

Vos commentaires

gerard 02.09.2021
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HIHIHI 01.09.2021
impressionnant

Il y avait plus de monde a l'enterrement de Fifi "mon poisson rouge"...

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A. LEA 01.09.2021

Bravo les anti-vax, les anti-pass... Ou comment parvenir à l'effet inverse à celui que vous exigez !

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spar fell 01.09.2021
Aéroport : allo, Gabriel Serville???

Bonjour,

Qu'en pense Mr Gabriel Serville, président fraîchement élu de la Collectivité Territoriale de Guyane? Le sort de l'aéroport, l'un des seuls point d'entrée sur le territoire des marchandises et des personnes, devrait légitimement le préoccuper, lui qui est l'un des principaux responsables politiques de ce pays. Ou alors, va t-il nous refaire le "coup" de la vaccination ("je ne suis pas pour, je ne suis pas contre non plus", article de France-Guyane du vendredi 27 août 2021)et donc éviter de se prononcer sur ce qui se passe à l'aéroport? Affaire à suivre...

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anne.jolly.bonnet@gmail.com 01.09.2021

ridicule tous ces fauteurs de troubles professionnels, vivement un vaccin contre la bêtise histoire que la GUYANE marche sur ses deux pieds
rien ne marche dans ce département ni l'éducation nationale ,encore moins la poste
trop d'argent de l'état pour les râleurs professionnels sans jamais de solutions pour résoudre les problèmes

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TropCtrop 01.09.2021

Une minorité (les mêmes meneurs) qu'on retrouve partout qui prend en otage les Guyanais parce qu'ils ont un complexe d'infériorité ou de supériorité vis à vis de l'Etat français ou de son autorité...qui procède toujours de la même façon : elle bloque ou manifeste sans respecter le cadre réglementaire et en tenant volontairement l'activité sociale et économique...puis elle déclenche une négociation avec les représentants de l'état dont il ressort des conclusions très insatisfaisantes...Si le conflit s'éteint de lui même, elle trouve un autre cheval de bataille pour organiser de nouveaux blocages...et ainsi va la Guyane...et Maintenant que la. Nouvelle équipe de la CGT a pactisé avec cette baronnie d'un nouveau genre, il faudra s'attendre au pire...

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g6d 01.09.2021

Comme d'habitude, une manifestation contre, pas de proposition autre que le statu quo, et surtout pas le moindre effort proposé pour que la situation s'arrange Voilà les "forces vives" de la Guyane en action.

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Laguya2020 01.09.2021
Tour de pass pass

La loi sur l imposition du pass n a été présentée par le gvt que dès lors que ce même gvt savait par avance que le conseil constitutionnel validerait la loi dans ses grandes lignes.
Prise de risques néant.
M Fabius qui est un grand manipulateur a eu sa part d intérêt satisfaite dès lors que le cabinet dirigé par son fils avait décroché un juteux contrat avec le gvt.
On ne peut appeler cela processus démocratique.
C'est plutôt République bananiere.
Les oppositions se taisent car elles sont en grande partie corrompues par un système d'aides qui leur permet de largement prospérer.
En France on est professionnel de la politique à vie, n est ce pas M Hollande, M Melanchon, Mme Le Pen, Mme Royal etc éternels candidats aux affaires publiques !
C est en grande partie à cause de ce phénomène que les urnes sont désertées !
Les jeux de la politique sont des jeux du cirque en plus sophistiqué.
La presse est par ailleurs muselée dès lors qu elle a perçu des aides plus que consistantes depuis le d but de la crise.
Comprenne qui voudra.

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stone 01.09.2021
La presse libre existe

Achète le canard enchaîné, l info est indépendante.
Et pour la Guyane, France Guyane n ´est pas mal non plus. ( j ai en souvenir une excellente synthèse de ce journal sur la répartition des conteneurs quittants la Guyane, riche d enseignements)

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