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Santé

Une bactérie hautement résistante en médecine B du CHC

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr Mardi 26 Juillet 2022 - 18h03
Une bactérie hautement résistante en médecine B du CHC
Rose-Aimée Saïbou, la sœur, Élodie Printemps, la nièce, Patricia Jérémie, l'épouse et Elsa Deshayes, la fille d'un patient qui a contracté une bactérie hautement résistante. Une contamination détectée deux jours après son hospitalisation au centre hospitalier de Cayenne le 18 juillet. - G. Guitteau

Dix chambres infectées par une mystérieuse bactérie hautement résistante (BHRE), c'est ce qu'affirme la famille Jérémie lors d'une conférence de presse, tenue à 11 heures, mardi dans le centre hospitalier de Cayenne. L'hôpital de son côté annonce la fin de la situation  épidémique au BHRE.

  On est le 18 juillet. Felton Jérémie, 72 ans, rentre au centre hospitalier de Cayenne (CHC) pour subir une transfusion sanguine en lien avec la lutte contre le cancer du côlon qui le touche. Un soin déambulatoire banal. Depuis, l'homme originaire de Sinnamary n'est plus sorti de l'hôpital.
  “Je suis venue le voir le 20 juillet. Il avait de la fièvre, ils n'ont pas voulu le laisser sortir. Nous sommes revenues le 23 pour son anniversaire. Nous voulions le faire sortir. Ses veines étaient marquées par les piqures. Elles lui faisaient mal. On ne pouvait pas le toucher. Il a subi un acharnement alors qu'il a une chambre déjà installée sur son corps dans le cadre de la chimiothérapie qui peut laisser passer d'autres produits”, s'agace Elsa Deshayes, sa fille.
   L'équipe médicale de médecine B dans lequel se trouve Felton Jérémie a décelé une bactérie hautement résistante et émergente chez le patient devenu très contagieux. Un antibiotique doit lui être administré. Problème : la chambre dans laquelle passe la chimiothérapie est aussi infectée par une autre bactérie donc les soignants décident de passer en intraveineuse d'après la famille. “Ils voulaient même le piquer aux pieds alors que cela accentue le risque de phlébite”, s'étonne Elsa.
   Cette dernière provoque l'ire d'un médecin quand il la voit en train d'embrasser son père sur le front. “Là j'ai compris que quelque chose de grave se produisait mais les médecins refusent de nous donner des infos”, se plaint la fille.
Pire, ils accusent mon frère d'avoir contaminer l'ensemble du service. C'est honteux. Il ne peut pas marcher comment aurait-il fait ?”, ajoute Rose-Aimée Saïbou.
Une épidémie de BHRE depuis mai
   Les deux femmes ne peuvent pas donner le noms des médecins donc les propos rapportés sont difficilement vérifiables.
La famille est persuadée que leur, père, mari, frère a contracté cette bactérie à l'hôpital. “C'est une maladie nosocomiale mais l'hôpital veut à chaque fois le silence des patients. Cela fonctionne car nous avons peur de perdre notre lit si on suscite leur mécontentement. Ils dissimulent beaucoup de choses. Nous ne pouvons plus avoir confiance”, assure Madame Couëta-Polonie, infirmière libérale venue rejoindre la famille par solidarité alors qu'elle rencontre des problèmes dans le service de neurologie pour un de ses parents.
     La famille Jérémie assure que les dix chambres de médecine B sont contaminées dont le patient qui partage la chambre avec leur père. “Il faut que les autres familles nous rejoignent. On ne peut pas continuer à cacher la vérité sans qu'on ne fasse rien”, dénonce Elsa Deshayes.
    Du côté de l'hôpital, la véhémence de la famille surprend : “Nous n'avons reçu aucune réclamation, aucune plainte, aucune demande auprès de la commission des usagers ou auprès des médiateurs de l'hôpital.
    En revanche, la présence de bactéries hautement résistantes aux antibiotiques émergentes (BHRe) chez certains patients est confirmée depuis le mois de mai mais l'hôpital refuse de communiquer sur les chiffres. “Au 26 juillet 2022, le CHC n’est plus en situation d’épidémie BHRe”, assurent ses services.
   “Un dépistage systématique hebdomadaire des patients des services concernés a été mis en place comme l'hospitalisation des patients confirmés positifs au BHRe dans une unité dédiée. Les services de spécialité concernés par ces BHRe ont été réorganisé en identifiant trois zones : une zone de prise en charge des cas contacts, une zone de prise en charge des cas confirmés
ne pouvant (du fait de leur pathologie) pas être transférés dans l’unité dédiée et une zone de
prise en charge des patients non contact BHRe
”, précise dans un communiqué le CHC.
Restaurer la confiance
   Quant aux soins reçus par le parent de la famille, “il faut être certain que cela soit en lien avec la bactérie et non avec la pathologie première pour laquelle le patient est soigné au CHC. Nous ne pouvons évidemment pas nous exprimer sur le dossier du patient”, tempère l'hôpital de Cayenne.
   Le mécontentement de la famille marque avant tout le manque de confiance envers l'établissement hospitalier. Le manque de communication envers les patients et l'extérieur de l'enceinte n'aide pas à restaurer ce lien pourtant primordial dans le parcours du soin.


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5 commentaires

Vos commentaires

remutrix 27.07.2022

On bne subit pas une transfusion, on en bénéficie. Et on parle de soins ambulatoire, pas de soins déambulatoire.

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jayjay5 28.07.2022
sa depend

n'oubliez pas qu'ici en Guyane, beaucoup de gens ne veulent pas de "transfusion" (je parle meme pas du "vaccin" "covid").

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Thibault Loupec 27.07.2022
Tellement plus facile de condamner

Donc plutot que de s'adresser d'abord à l'hopital pour obtenir des réponses, la famille préfère condamner au travers des medias, ne donnant aux lecteurs qu'une version de l'histoire. Paradoxal quand on se plaind du manque de communication,non?

Si par exemple, la proche avait questionné le medecin sur la non utilisation du Port-à-cath du patient pour le transfuser, on aurait pu lui expliquer que cette stratégie est utilisée en dernier recours pour limiter le risque infectieux.
Le patient avait peut-être des anticoagulants pour limiter le risque de phlébite.
Les méchants médecins n'auraient pas voulu laisser sortir le patient fébrile...Non on ne laisse pas sortir un malade fragile et septique avec un ttt intraveineux, c'est une question de responsabilité.

Les BHRE sont de plus en plus fréquents et pas qu'en Guyane. La surexposition générale aux antibiotiques joue un role majeur, le risque est réel chez les patients fragiles surtout. La gestion dans les services n'est jamais simple. Il y a plein de choses à améliorer au CHC,c'est sûr, mais et ce n'est certainement pas en y ajoutant du conflit.
En cas de problème de communication directe avec le service de soin, tous les hôpitaux ont un service com' pour les usagers et familles qu'il faut solliciter.

Mais,j'avoue, c'est plus facile de dire du mal auprès du voisin... et de France-Guyane.

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jéjé76 27.07.2022

Cet hôpital , personne ne veut venir y travailler , personne ne veut s'y faire soigner ... la Guyane , personne ne vous croira !!!

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Garimpo 27.07.2022
Aaaalaaalaa le CHC

En 2006, mon fils, hospitalisé pour une vilaine dengue ( hémorragique) a été placé dans une chambre double avec comme camarade de chambre une jeune fille couverte de furoncles...
Bilan: 9 ans d’antibios de toutes sortes pour venir à bout d’une bactérie, elle aussi qualifiée de nosocomial .
Alors peut être avec un peu de bon sens...?

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