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HÔPITAL

Le torchon brûle au CHC

Iris Joussen Mardi 4 Mai 2021 - 12h20
Le torchon brûle au CHC

L'incendie du 25 avril dernier au service maternité du centre hospitalier de Cayenne a également ravivé les flammes de la discorde avec l'Union des travailleurs de Guyane santé. Le syndicat a officiellement organisé une conférence de presse dans les jours qui ont suivi, dénonçant la mauvaise gestion et "sécurisation" du bâtiment. Des voix plus discrètes ont également reproché une version un peu trop lisse des faits.

 "On ne peut pas avoir autant d'incendies et prétendre au statut du CHU dans quelques années" s'exclame Éric Molinier, secrétaire général de l'UTG santé et secrétaire de la Commission de l'hygiène, de la santé et des conditions de travail (CHSCT) au CHC lors d'une conférence de presse organisée quelques jours après l'incendie. " C'est le second en quelques jours d'intervalle après celui de l'EPHAD qui lui-même en est déjà à son deuxième incendie. Il y en a eu un autre dans le service de chirurgie programmée. Encore une autre fois c'était à cause d'un pyromane qui se promenait dans les couloirs de l'hôpital".

Un bon palmarès d'incendies mais pour des raisons bien distinctes : l'incendie du 25 avril dernier au service maternité part d'un tableau électrique qui prend feu dans un local technique alors que d'autres n'ont aucun rapport avec un défaut du bâtiment. "S'agissant de l'incendie de la semaine précédente à l'Ehpad, c'est un résident qui avait laissé traîner un mégot dans sa poubelle qui a pris feu" précise en réaction le service communication à France-Guyane.
"Nous ne voulons pas une présentation powerpoint mais des rapports d'expertise"
Mais l'UTG veut surtout souligner la mauvaise gestion de ces incendies et mettre en avant de gros problèmes de sécurisation quel que soit le départ du feu : " S'agissant celui du Pôle mère-enfant, je n'ai reçu aucun appel pour être averti du feu à la maternité du 25 avril dernier, alors qu'en cas de danger grave, il faut immédiatement en informer la Commission de l'hygiène, de la santé et des conditions de travail (CHSCT). J'ai juste reçu un message en réponse vers 19h/20h alors que le départ du feu était à midi et que celui-ci a été maitrisé à 14h. Nous nous sommes rendus sur les lieux le lundi et nous avons réclamé une réunion avec le CHST qui a eu lieu le mercredi (...) Nous avons eu le droit à une présentation en powerpoint... mais nous ce que nous voulons c'est constater les dégâts dans les faits et lire les rapports d'expertise ".

Le service communication du centre hospitalier déclare pour sa part que " la gestion de crise n'implique pas de réunir l'instance immédiatement, mais de l'en informer. Ce qui a été fait le jour même autour de 18h. L'urgence était de mettre en place des mesures conservatoires puis un plan d'action pour un retour à la normale dans les meilleurs délais ".

Dès la fin de l'après-midi du 25 avril, le service communication envoyait d'ailleurs un communiqué de presse afin de prévenir que le départ de feu était maitrisé et que les services s'étaient réorganisés pour accueillir les patients. Une version officielle que certains en interne ont pu trouver un peu trop lisse par rapport à l'ampleur des dégâts. Le service pédiatrie est quand même fermé à cause de l'air contaminé dû au feu. Des morceaux de plastique ont brûlé, contaminant également l'air. Certains se sont ainsi sentis un peu frustrés la semaine suivant l'incendie face à une direction ne communiquant pas sur la réouverture des services et l'organisation de la décontamination. 

Des couacs pour mettre en marche l'extincteur
Cette gestion, le syndicat UTG la met encore en cause lors de l'incendie qui a touché l'EPHAD une semaine auparavant. " Il y a eu des couacs pour mettre en marche l'extincteur. Il aura fallu une seconde intervention pour réussir à le faire fonctionner." Là encore le service communication réagit : "En effet, le premier extincteur testé n'était pas opérationnel et il a fallu en amener un d'un autre secteur (...) les agents du service sécurité [qui] ont géré l'incident".

Pour l'UTG Santé, ça en est trop "Il y a trop d'incidents. Si nous voulons un CHU, il doit être construit hors de Cayenne avec une sécurisation pensée et adaptée pour ne pas rencontrer ce type de difficultés." Une demande que le service communication ne comprend pas : "le Pôle Femme enfant est récent et n'est pas vétuste. Pour le bâtiment de médecine (appelé encore bâtiment MC), un programme de réhabilitation complet va mettre le bâtiment à niveau de nos ambitions".

La communication finit néanmoins par envoyer un autre communiqué de presse ce jour expliquant en toute transparence les opérations en cours de réalisation pour se réorganiser. La direction fait même état de la décontamination de l'air. "Les opérations de décontamination et d’ozonage sont réalisées 24h/24 et ont permis une restitution de l’UGO le dimanche 2 mai. Le bionettoyage à l’UGO a été finalisé ce lundi 3 mai. La restitution des unités de pédiatrie est prévue pour le 5 mai au soir. Les opérations de bionettoyage seront réalisées dès les locaux restitués. Afin de ne pas perturber les opérations de décontamination en cours, tout passage ou intervention dans les zones sinistrées doit être expressément autorisée par la société de décontamination".

De quoi éteindre les critiques avant la prochaine crise. Le service pédiatrie ouvrira sans doute même plus tôt que la date indiquée.

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