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Obligation vaccinale : ce que Gabriel Serville va demander à Sébastien Lecornu

Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH Vendredi 24 Septembre 2021 - 23h00
Obligation vaccinale : ce que Gabriel Serville va demander à Sébastien Lecornu
Échange entre le président de la collectivité et le ministre des outre-mers vendredi soir à la place du Coq à Cayenne, lors de la cérémonie d'hommage aux Guyanais morts pour la France. - CTG

Gabriel Serville et Sebastien Lecornu se rencontreront ce samedi après-midi. Voilà, en substance, ce que le président de la CTG va demander au ministre des outre-mer.

Qu’attendez-vous de la visite du ministre des outre-mer ?
Gabriel Serville : J’ai sollicité M.Lecornu a plusieurs reprises ainsi que M.Olivier Véran, pour leur expliquer qu’en l’état actuel, la loi du 5 août 2021 ne pourra pas s’appliquer en Guyane.
Pourquoi ?
Compte tenu des conséquences qu’elle va entrainer, vu le faible nombre de personnes vaccinées. Notamment parmi les personnels soignants et les pompiers.
Que réclamez-vous ?
La mise en place d’un moratoire, pour qu’on reporte la date d’entrée en application de la loi.
Elle est pourtant déjà en vigueur ?
Je considère qu’il n’est pas trop tard pour bien faire. Compte tenu de la détresse que vivent certaines personnes sur le territoire.

A défaut d’annoncer un moratoire, que le ministre nous dise qu’il a carrément et clairement compris le problème guyanais, et qu’il s’engage devant la population à trouver un dispositif qui permettrait aux non-vaccinés de ne pas être sous une épée de Damoclès, c’est-à-dire de craindre une suspension ou une suspension de salaire.
Les directeurs de nos trois hôpitaux se sont réunis pour tirer la sonnette d’alarme, parlant même de « suicide collectif ». Comment réagissez-vous ?
Je comprends leur inquiétude. Mais si suicide il y a, il a commencé en mars 2020. Depuis, on ne cesse de dire que la stratégie de la DGARS (direction générale de l’agence régionale de santé, ndlr) ne correspond pas à ce que la Guyane est en droit d’attendre. La Guyane, deuxième désert médical de France, a besoin de renforcer son plateau technique médical et ses ressources humaines.

Je suis désolé, lorsque je visite des services de réanimation, les personnels me disent être en grande souffrance, parce qu’ils ne sont pas assez nombreux. Ils me disent que des patients ont pu décéder parce qu’ils n’ont pas reçu des soins à la hauteur, faute de personnel.

Clairement, si l’objectif du gouvernement est bien de sauver des vies, il faut travailler de l’amont jusqu’à l’aval.
Que faut-il faire en amont ?
Doter nos hôpitaux des infrastructures matérielles et de personnels.

La stratégie qui consiste à vouloir accuser excessivement et exclusivement la population non-vaccinée est un faux-fuyant.

Le cabinet du ministre a annoncé que 16 personnels de la réserve sanitaire vont arriver en Guyane.

Et lorsque j’interroge les personnels soignants de Guyane, ils me disent qu’ils voient arriver des réservistes qui n’ont aucune compétence dans le domaine de la réanimation. Je ne l’invente pas, cela m’a été relaté.

Qu’on arrête de faire semblant. La réserve sanitaire sera la bienvenue, à condition qu’elle comporte des personnes qui vont pouvoir aider, pas des personnes qui viennent se former en Guyane.

D’ailleurs la DGARS nous avait promis en août 2020 le recrutement de 249 personnels médicaux et paramédicaux en renfort. Aujourd’hui nous sommes à peine à 40 recrutements.
Comment ça se fait ?
Je ne sais pas. Il était prévu de recruter hors union européenne. Nous avons reçu beaucoup de candidatures. Est-ce que les profils ne sont pas intéressants ? Je n’en sais rien. Je sais qu’il y a des soignants guyanais dans l’Hexagone qui ne demande qu’à rentrer.
Quelle est l’idée du « comité citoyen pour la transparence » ?
Permettre à des citoyens qui ne seront pas remis en cause par les autres compatriotes du territoire d’avoir une parole crédible. Pour sortir de cette impasse. On a l’impression que personne ne fait plus confiance à personne. On est passé d’une relation de méfiance au début de la crise, à une relation de défiance. Mon rôle est de garder le contact avec les deux parties, pour faire progresser le dialogue, pour permettre à la Guyane de sortir de la crise.
Comment œuvrez-vous à l’apaisement de la tension actuelle à part demander ce moratoire ?
Si on applique le moratoire je suis persuadé que ça va faire redescendre la pression. Il y a donc ce comité citoyen, et puis le quotidien. Que chaque citoyen fasse preuve d’empathie envers l’autre. Je sens bien de part et d’autre une envie d’en découdre. Chacun dans son for intérieur considère qu’il a raison à lui tout seul. Comme disait Edgar Faure, avoir toujours raison est un grand tort. C’est un grand puzzle, chacun doit mettre sa pièce. Je reconnais que le combat n’est pas facile, mais on ne l’a pas encore perdu. Il ne faut désespérer de rien.

Gabriel Serville salue un ancien combattant invité à la cérémonie. - CTG


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37 commentaires

Vos commentaires

cap40 28.09.2021
La DGARS...

La DGARS nous avait promis 249 personnels en 2020 seuls 40 ont été recrutés...Eh oui comme aux Antilles les compétences restent en Métropole et ne rentrent pas au "pays". Pas étonnant du tout au regard des mentalités et des contextes.

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youpix973 27.09.2021
La Guyane en danger de mort

Avec 1 bouffon aux commandes on est mal barré
Faux jeton, opportuniste
Sournois,et ça pretend aimer la Guyane ???
On va droit a l 'hecatombe
Lui et sa clique auront des
Comptes a rendre

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g6d 27.09.2021

Que nous dit maintenant M. Serville, après les réponses claires de l'Etat, représenté par M. Lecornu ?

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Gabegie Servitude 26.09.2021
La CTG nous met en danger

Le populisme, la démagogie et le soutien aux milices antisocales, racistes (et ignares ça va de pair) donnent donc le droit de légitimer la souffrance et la mort de la population de Guyane ?
Il faudrait intenter un procès contre ces politiques qui s'expriment clairement en faveur de la sélection naturelle (on frôle l'eugénisme) alors que le droit à la santé est un droit inaliénable!

Vous êtes dangereux ! Ce qui se passe sur le territoire est très grave et laisser le pouvoir (adouber, faire alliance, lécher les rangers...) aux idiots qui auront le plus gros mégaphone ou qui feront le plus de likes sur leur facebook live ne permettra pas au peyi d'avancer...
Si to djok pas fé rókló.
A l'inverse, le déclin de notre petit bout d'Amazonie s'accélère...
Il en va de notre devoir à tous de ne plus avoir peur des haineux qui manipulent la population pour aller dans une seule direction : plus de pouvoir mortifère.
Il a bon dos le changement de statut.

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Georges de Cayenne 26.09.2021
Des vaccins pas du baratin

Ce qu'il faut à la Guyane en urgence, ce sont des vaccins, pas du baratin.

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BELLOD 26.09.2021

Et une majorité de vaccinés qui devienne enfin concrète (rapport à votre majorité relative de 21% de vaccinés, totalement fantasmée face aux 79% de non vaccinés). Seul moyen de légitimer pleinement localement, les mesures contraignantes (passe sanitaire) qui forceront la main à pas mal de réfractaires refusant probablement le vaccin, plus par simple égoïsme ou désintéressement citoyen, que par réelle opposition de fond à la vaccination.

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RAF973 26.09.2021

En son temps, la position de la CTG était claire : https://www.franceguyane.fr/actualite/societe-social-emploi/covid-19-il-faut-immuniser-la-population-d-ici-la-fin-du-mois-479758.php

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g6d 25.09.2021

Le Professeur Kayani, autoproclame grand spécialiste de cette maladie, est volontaire pour trier les personnes qui pourront être prises en charge à l'hôpital et celle qu'on laissera sur les brancards dans les couloir. Il pourra accessoirement, traiter certains avec de l'herbe à pik ou dd l'HCQ. En Guyane, les moutins sont ceux qui n'osent pas se faire vacciner par peur de représailles des Komités autoproclamees Experts médicaux. 24 morts en 1 semaine n'est pas suffisant. Ils peuvent faire mieux !

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L.L 25.09.2021
Nos élus

Franchement il attend un ministre pour prendre sa décision sur la vaccination car lui-même n’est pas capable. Il ne veut pas avoir les Guyanais contre lui.

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Smet 25.09.2021
Situation délirante

Alors que dans les hôpitaux on se préparent à faire un tri pour savoir qui sera soigné et qui ira crever comme ce fut le cas à manaus.
En Guyane on en est encore à demander si on va faire un moratoire sur la vaccination...
Mais réveillez vous, on a plus le temps !
Plein de gens risquent de crever au cours des prochains mois !
j'ai l'impression d'assister à un suicide collectif.
Oubliez vos rancœurs contre l'état, l'ars, le système, etc... Mais pensez à vos proches et prenez la bonne décision, avant qu'il ne soit trop tard.

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