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INTERVIEW

Fabien Roussel : "une forte attente d’être beaucoup plus considéré par le pouvoir central"

Propos recueillis par Gaetan TRINGHAM (g.tringham@agmedias.fr) Mercredi 24 Novembre 2021 - 16h07
Fabien Roussel : "une forte attente d’être beaucoup plus considéré par le pouvoir central"

Vie chère, écotourisme, rencontre avec Trop Violans et la CTG : après son passage en Guyane, Fabien Roussel - Secrétaire national du PCF, et premier candidat communiste présent à une élection présidentielle depuis 15 ans - nous livre un compte rendu de son séjour.

 Vous êtes resté 48 heures en Guyane, quels sont les principaux éléments qui ressortent de votre séjour et des gens que vous avez rencontré ?
Ce que je retiens de mon séjour, c’est qu’il y a ici une forte attente d’être beaucoup plus considéré et respecté par le pouvoir central en hexagone. Ils demandent à ce que le gouvernement tienne compte de leur réalité ici.
La problématique de la vie chère est très forte ici. Le prix des bouteilles de gaz, celui du litre de lait et de l’alimentation par rapport au revenu est une question qui est remontée fortement.
Et puis, il y a les projets. Notamment les accords signés en 2017 avec le gouvernement et j’ai pu constater que beaucoup de ces accords n’étaient pas non plus respectés. Je pense notamment à la cité judiciaire qui n’est toujours pas là, et à la modernisation du commissariat.
J’ai aussi entendu des revendications de la part des institutions que j’ai rencontré, et notamment de la part du président de la CTG, ses élus, et d’autres associations : c’est de mettre des moyens pour lutter contre ceux qui pillent les richesses guyanaises comme les orpailleurs et les pécheurs clandestins. Ils demandent à avoir plus de moyens pour lutter contre cela, mais aussi plus de relations diplomatiques avec le Suriname et le Brésil pour qu’ils soient davantage associés au combat.

Qu'est-ce que ces constatations vous inspirent par rapport à votre politique ? 
La question d’augmenter les salaires et les retraites. C’est un premier levier important et qui impactera ici aussi les habitants de la Guyane. Mais nous voyons bien que ce n’est pas suffisant parce qu’il y a ici un taux de chômage très élevé et donc il est important aussi de relever les minima sociaux pour répondre à cette hausse de la vie chère.
Il y a aussi des taxes sur les produits de première nécessité qu’il faut pouvoir baisser pour rendre ces produits moins chers. Concernant l’essence, il faut aussi agir sur les compagnies pétrolières. Pour qu’elles arrêtent de distribuer des dividendes faramineux. C’est à elles de diminuer le coût de l’essence pour les usagers et les entreprises. Leurs marges sont trop importantes.

Vous avez aussi rencontré le collectif des 500 frères et Trop Violans. De quoi avez-vous pu discuter ?
Nous avons justement beaucoup parlé des questions liées au pouvoir d’achat et à la vie chère... mais aussi aux problèmes des jeunes confrontés à ces difficultés-là. Et aux perspectives d’emplois qu’ils peuvent avoir.
Nous avons aussi discuté du pass sanitaire. Effectivement je suis pour la vaccination, mais nous avons surtout évoqué la nécessité d’adapter la loi pour tenir compte de la réalité en Guyane. Ce discours-là nous l’avons entendu de beaucoup d’interlocuteurs, y compris par Gabriel Serville.
En Guyane, en Martinique, comme en Guadeloupe, j’entends tous les élus de tous bords demander d’adapter l’obligation vaccinale aux spécificités locales.

En faisant quoi par exemple ?
En n’imposant pas aux soignants et aux pompiers d’être vacciné, car cela perturbe très fortement le fonctionnement de services qui sont pourtant indispensables pendant la crise. Il manque ici des lits de réanimation et de personnel et donc c’est incompréhensible d’appliquer bêtement la loi votée dans l’hexagone sans réfléchir aux réalités du terrain. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi avec un taux d’incidence si bas, le préfet maintien un couvre-feu à partir de 22 heures.

Qu’en est-il donc des sujets abordés avec la CTG ?
Avec la CTG nous avons parlé de l’ensemble des sujets qui concernent la Guyane. Entre autre : la nécessité d’avoir des relations commerciales avec les pays limitrophes, y compris en approvisionnement d’essence ; l’enjeu de l’approvisionnement en électricité pour l’avenir ; la question des déchets ; et la manière de désenclaver des communes comme Maripasoula.

À la suite de votre passage en Guyane, vous deviez initialement vous rendre en Martinique, puis en Guadeloupe. Or on sait que la situation en ce moment est tendue dans ces départements. Est-ce qu’il y a des changements de programme à cause de cela ?
Je modifie mon voyage aux Antilles effectivement. Je pars prendre l’avion d’ici quelques heures pour la Guadeloupe pour rencontrer les responsables du mouvement et pour me mettre à l’écoute de leurs revendications. Cela veut dire que je ne peux finalement pas aller en Martinique tenir mon programme. Les barrages nous empêcheront d’y circuler. Je laisse les organisateurs du mouvement s’y tenir. J’ai pu trouver le moyen de me rendre en Guadeloupe en annulant l’ensemble des visites que je devais faire et pour m’en tenir à une seule rencontre avec le LKP.

Un dernier commentaire ?
J’aimerai évoquer un autre sujet. J’ai découvert qu’il y a un potentiel de développement touristique autour de l’écotourisme et de la découverte de la forêt amazonienne. Et donc nous avons passé une journée le long du fleuve Kourou à visiter différents carbets et rencontrer les guides qui accueillent, hébergent et font visiter cette foret. Je vais revenir en métropole pour parler de ce potentiel très fort que porte la Guyane par sa situation géographique. L’écotourisme est une manière de montrer qu’il est important de protéger la nature au quotidien. L’écotourisme est donc pour moi une belle promesse de développement économique de la Guyane.

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4 commentaires

Vos commentaires

cap40 29.11.2021
Démagogie et populisme...

Démagogie et populisme...Quel que soit le candidat à la présidence (droite, gauche, centre) ce sont toujours les 2 mêmes mamelles qui construisent ces loghorrées insupportables.

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g6d 25.11.2021

A t il parlé des taxes sur les produits alimentaires et les carburants avec la CTG et les maires qui les fixent et les perçoivent ?

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elvecv 25.11.2021

Monsieur Fabien Roussel
aux perspectives d’emplois qu’ils peuvent avoir sur l’île.
( de quel île parlez vous? merci de revoir la géographie de la Guyane)

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elvecv 25.11.2021

Monsieur Fabien Roussel
aux perspectives d’emplois qu’ils peuvent avoir sur l’île.
( de quel île parlez vous? merci de revoir la géographie de la Guyane)

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