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ELECTIONS CTG

« Je critique beaucoup, donc je veux voir comment ça se passe de l’intérieur »

Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH Dimanche 2 Mai 2021 - 18h22
« Je critique beaucoup, donc je veux voir comment ça se passe de l’intérieur »

Connu comme porte-parole des Grands Frères, Zadkiel Saint-Orice se lance dans les élections territoriales en intégrant la liste de Gabriel Serville. Il nous explique les raisons de son engagement.

Comment vous présenteriez-vous pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?
Je suis citoyen de 37 ans, un auto-entrepreneur, quelqu’un qui se plaint, qui critique beaucoup, mais qui essaie d’agir avec le peu de moyens qu’il a à sa portée.

Votre rôle de porte-parole de l’association des Grands Frères est-il en lien avec l’engagement politique que vous initiez aujourd’hui ?
Si c’est bien une démarche personnelle, c’est aussi une continuité de ce que je fais avec l’association.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager sur une liste ?
Ça fait quatre ans que l’on me pousse à entrer en politique, et ce à chaque élection. Disons que cette fois-ci, on m’a poussé plus fort que d’habitude pour être tête de liste. C’est pour ça que je me suis retrouvé dans la coalition. Je critique beaucoup, j’aime bien savoir comment les choses se passent de l’intérieur pour mieux comprendre les difficultés. Mais j’estime que ce n’est pas le moment pour me présenter.

« J’ai toujours vu Gabriel Serville sur le terrain contrairement à beaucoup d’autres »

Pourquoi avoir choisi de rejoindre la liste « Guyane Kontré pour avancer » de Gabriel Serville ?
Le mouvement Guyane Kontré est un regroupement de partis politiques, d’associations et de personnes issues de la société civile, comme moi. Je suis là en mon nom propre. Je n’ai pas l’intention d’entrer à Mouvement Péyi Guyane, ni dans aucun parti politique. Mais ces quatre dernières années, j’ai toujours vu Gabriel Serville sur le terrain contrairement à beaucoup d’autres. Il a été présent dès le début pendant le mouvement social de 2017. J’ai trouvé ça bizarre, ça m’a marqué.

Qu’est-ce qui a fait pencher la balance pour Gabriel Serville plutôt que Jean-Paul Fereira ?
Malheureusement, il y a eu une scission et j’ai dû faire un choix. Plusieurs possibilités s’offraient à moi. J’ai discuté avec tout le monde. Gabriel Serville, Davy Rimane, Rudy Stephenson… Chacun à sa façon m’a fait à peu près le même retour : je devais être en phase avec moi-même. J’ai donc décidé d’aller là où je ne me sentirai pas mal à l’aise. J’aurais pu aller avec Jean-Paul Fereira et Rudy Stephenson avec qui j’ai beaucoup d’affinités. Mais il y a des personnes parmi les partis politiques, avec qui je ne me vois pas fonctionner. Je n’ai pas aimé ce qui s’est passé, la façon de faire de certains qui a amené à cette scission. C’est ce qui a en grande partie guidé mon choix.

Vous regrettez cette scission ? Vous auriez préféré une union plus large ?
C’était le but, d’avoir l’union la plus large possible. Le but au départ était de se faire confiance, de faire force tous ensemble, pour la population. Je ne peux que regretter cette scission. À travers les médias, on a l’impression qu’il y a une guerre entre M. Fereira et M. Serville, alors que ça n’est pas le cas, ils n’en sont pas à l’origine.

« Je suis dans une position d’apprentissage »

Quelle est la finalité de votre engagement dans ces élections à la CTG ?
Je suis dans une position d’apprentissage. Comprendre le fonctionnement d’une élection à l’échelle territoriale. Être dans une position éligible pour être au cœur du sujet et voir de l’intérieur comment sont traitées les choses. Concrètement, la finalité pour moi est de voir si d’ici quelques années je me lance réellement ou pas en politique. Pour cela, il me faut d’abord me former, avoir un minimum d’expérience.

Au-delà de l’apprentissage, quelles valeurs voulez-vous porter en entrant en politique ?
La sincérité. L’authenticité. L’écoute. La volonté. Tout ce qui manque en politique. Je sais que c’est un monde espiègle, traitre. Je ne veux pas m’oublier et être en cohérence. Je ne suis ni de gauche, ni de droite, ni d’aucun parti politique. Ça ne veut rien dire pour moi. Je n’aime pas que l’on me mette dans des cases.

Est-ce une façon pour vous de continuer le militantisme sous une autre forme ?
C’est complémentaire. Si les Grands Frères existent, c’est bien la conséquence des défaillances du système. On a tous bien compris que tout est décidé par la politique. En 2017, c’est la population qui pousse à la signature des accords, mais pourtant ce sont les politiques qui les signent. Je pense que ceux qui sont descendus dans la rue en mars 2017, ne l’ont pas fait pour que les choses se règlent dix ans après, à l’image de la cité judiciaire prévue pour 2026.
« Si on ne vote pas, on n’a pas de poids »

L’une des priorités de votre liste est de mobiliser les abstentionnistes. Comment faire ?
En conscientisant. Les gens ne croient plus en la politique, car on a beau demander, on ne voit jamais rien arriver, ou alors au bout de dix, quinze ans. Les gens ont en effet du mal à croire que quelqu’un va changer les choses, surtout pas les personnes qui sont en place. Les Guyanais comparent beaucoup leur situation avec celles des autres DOM. Il faut voir l’État comme un chef d’entreprise qui a un souci de rentabilité. Il regarde le poids de chaque région par rapport au nombre de votants. Or, il n’y a en Guyane qu’environ 100 000 inscrits sur les listes électorales, et un nombre bien plus petit qui va voter. Quand l’État a de l’argent à injecter, il va regarder où ça vote le plus. Les élus des autres DOM ne sont pas plus forts que les nôtres, c’est juste de la rentabilité électoraliste. Si on ne vote pas, on n’a pas de poids.

L’évolution statutaire est-elle la condition indispensable pour sortir de ce cadre restreint qui limite l’action des élus ?
C’est fondamental. On en parle depuis Justin Catayée ! Cela a été plusieurs fois annulé, repoussé… Et c’est freiné par la CTG depuis 2017. Il y a énormément de choses qu’on voudrait changer pour un meilleur quotidien. Sans changement de cadre, rien de concret ne pourra se faire.

Quel est selon vous le bilan du mandat de Rodolphe Alexandre ?
Son bilan c’est celui de la population, des mouvements sociaux de 2017. N’oublions pas que suite à 2017, la CTG a pu retrouver une certaine santé financière.

On ne peut pas se vanter à la CTG d’un budget primitif 2020 de 561M€, budget pour tout le pays, quand celui de la CAF Guyane est supérieur, avec 568M€.

On ne peut pas se vanter d’un bon bilan quand, en dix ans à la tête de l’exécutif et quatre ans après les mouvements sociaux, rien n’a été fait pour impacter significativement le quotidien de la population guyanaise en poussant, en respectant et en faisant respecter les accords de Guyane par le gouvernement.

Si quatre ans plus tard, la CTG, les élus et les autorités compétentes avaient poussé les accords de Guyane comme ils le devaient
- ne serait-ce qu’au niveau de la santé - on n’en serait pas là aujourd’hui avec la crise sanitaire. quatre ans plus tard, pas quatre mois ! Si les hôpitaux avaient été dotés des moyens attendus depuis tout ce temps, on peut penser que la crise sanitaire aurait été moins catastrophique en Guyane. Je ne pense pas qu’on aurait pu éviter les morts malheureusement, mais ils n’auraient pas été aussi nombreux. Il n’y aurait pas eu de choix à faire entre la prise en charge d’un patient Covid jeune, au détriment d’un patient Covid âgé. Il y aurait également eu une meilleure prise en charge des patients hospitalisés et en réa. Certaines personnes auraient été toujours présentes parmi nous... Ils ont une part de responsabilité dans tout ça.

On n’a pas attendu le Covid pour mourir en Guyane, on n’a pas attendu le Covid pour avoir des hôpitaux en manque de moyens et en dysfonctionnement, on n’a pas attendu le Covid pour avoir du personnel fatigué par la surcharge de travail. Qu’est-ce qui va se passer à la prochaine crise ou en cas de catastrophe exceptionnelle comme la montagne de Cabassou ou tout autre événement inhabituel ici ?



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1 commentaire

Vos commentaires

RAPHI 03.05.2021

avec ce,type d opposant RA va etre reelu des le 1er tour

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