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À Apatou, Jean-Paul Fereira plaide pour « une Guyane qui a du cœur »

M.L Lundi 7 Juin 2021 - 09h20
À Apatou, Jean-Paul Fereira plaide pour « une Guyane qui a du cœur »

Ce samedi 5 juin, Jean-Paul Fereira et son équipe effectuaient un déplacement sur la commune d’Apatou. Après avoir rencontré les chefs coutumiers et les acteurs économiques locaux (transporteurs fluviaux, commerçants…), le candidat a tenu une réunion publique de proximité avec les habitants. Le candidat à la CTG a été sollicité sur de nombreux sujets et a pu livrer ses réponses aux enjeux de la Guyane.

 Devant une trentaine d’habitants, le candidat Fereira a rapidement introduit sa présentation : « Je veux une Guyane sans limites. Sans limites, car nous avons encore trop d’entraves, trop de difficultés à se déplacer, à se loger à se nourrir sur notre territoire. Parfois même à se soigner, à s’éduquer. Je veux affronter toutes ces difficultés. Ici sur le Maroni, ça n’a jamais été la priorité de ceux qui nous ont gouverné depuis plus de dix ans » a-t-il lancé, adressant sa première attaque à la majorité sortante. Le candidat s’est ensuite livré au jeu des questions-réponses, une heure durant. Développement économique, rapport à l’état, activité aurifère, sport, immigration, route du fleuve, agriculture… Tour d’horizon des échanges et des promesses.
Développement économique : « Je veux une Guyane endogène et une production locale »

Jean-Paul Fereira annonce d’entrée qu’il souhaite un véritable choc fiscal pour la Guyane. Il propose d’en finir avec l’octroi de mer « pour sortir enfin d’une économie de comptoir et de l’importation et pour passer à une production locale et une économie endogène ». A la place, le candidat propose une fiscalité guyanaise.

Pour développer l’activité sur le fleuve et dans les territoires enclavés et frontaliers, le candidat préconise des zones franches et surtout un accompagnement des activées informelles vers la légalité : « Ces activités informelles permettent aux guyanais de vivre, il faut leur proposer des solutions par une formalisation assouplie en-dessous de 12.000 ou 15.000 euros de chiffre d’affaires. Cela permettra enfin aux habitants de pouvoir exercer une petite activité dans la légalité ».

ML


Sur la question de l’orpaillage, le candidat rappelle que « la réponse n’est pas binaire : "pour ou contre l’orpaillage". Les activités aurifères légales s’inscrivent dans le développement d’une indépendance économique de la Guyane. C’est aussi une réalité historique. Il faut donc gérer l’existant et formaliser les projets ».

Puis le candidat se livre à un réquisitoire contre l’orpaillage illégal et ses conséquences désastreuses, notamment ici, sur les rives du Maroni : « Il y a 150 sites illégaux. C’est un désastre pour notre environnement et pour notre population. Ces sites tournent au vu et au su des service de l’état qui ne se donnent pas réellement les moyens d’endiguer ce fléau. Pourtant la France est un état qui dispose d’une force militaire. Alors est ce que ce qu’il se passe ici serait accepté en Aquitaine ou en Bretagne ? Je ne le crois pas ».

Enfin, si Jean-Paul Fereira mentionne les derniers accords de coopération frontaliers avec le Suriname, il prévient : « Il faut maintenant que cela débouche sur des moyens concrets, car sur le Maroni, les orpailleurs s’attaquent maintenant directement à la rive du fleuve ».

En abordant la question de l’agriculture, le candidat a insisté sur la nécessité de rétrocéder le foncier pour pouvoir favoriser l’implantation d’exploitations agricoles et d’offrir à toutes celles et ceux qui souhaitent se destiner à ces métiers des formations pour monter en compétence.
« Une nouvelle gouvernance au service de tous les Guyanais »

Interrogé sur le soutien de la quasi-totalité des maires de Guyane à la candidature de son adversaire Rodolphe Alexandre, Jean-Paul Fereira semble heureux d’apporter une réponse « Votre question tombe très bien, c’est l’occasion pour moi de vous dire que lorsque notre liste sera élue, ces maires trouveront la porte où venir frapper pour être aidé et accompagné. Et je ne fermerai aucune porte, je n’exclurai personne au prétexte qu’il ne m’a pas soutenu hier. Je travaillerai avec tous les élus et pour tous les guyanais car c’est ma conception de faire de la politique au sens noble du terme »

La question d’un habitant du village Maiman lui permet ensuite de développer le lien qu’il souhaite établir entre les décideurs politiques élus et les chefs coutumiers : « Il s’agit de deux fonctions différentes et que chacun doit respecter. Ces chefs ont-ils un rôle et une fonction dans leur commune ? Oui. Est-ce que ma vision du territoire va être appréhender par ce qu’ils m’en disent ? Oui. Les chefs coutumiers doivent rester au-dessus de la politique car ils doivent rester au service de l’ensemble de leur communauté, mais nous devons travailler avec eux : les grandes décisions à prendre pour notre territoire doivent être prises ensemble. A Awala, j’ai instauré des commissions mixtes entre élus et représentants des chefs coutumiers qui permettent le dialogue. Cela n’existe pas dans le droit français, mais il faut l’imposer car cela correspond à une réalité de notre territoire »
« La route du fleuve ? Les travaux débuteront sous ma mandature »

A un jeune Apatoucien qui l’interroge sur le projet de la route du fleuve devant relier Saint-Laurent à Maripasoula en cas d’élection, Jean-Paul Fereira le corrige avec malice : « Ne me dites pas "si vous êtes élu", mais plutôt : "quand vous serez élu le 27 juin" ». Puis il poursuit tout aussi sûr de lui : « Nous débuterons les travaux de cette route. La route ne sera pas terminée dans les six ans mais les travaux seront engagés. Nous l’avons décidé tous ensemble avec mes colistiers car la population en a besoin et l’a fait savoir »
Immigration : « Les Guyanais ont avant tout un cœur »

Interrogé sur la manière dont Jean-Paul Fereira agira sur la question de l’immigration, le candidat s’est livré à un plaidoyer en faveur de l’accueil et de la fraternité. Sans nier « les tensions » que cette question fait apparaître en ce moment, il a rappelé que « le territoire que nous habitons tous est devenu la Guyane par de multiples vagues d’immigrations anciennes ou récentes qui se sont succédées depuis plus d’un siècle ». Puis il a rappelé les causes qui sont à l’origine, selon lui de ces migrations : « Les personnes qui arrivent ici fuient quelque chose : une situation de misère, de violence, parfois d’instabilité politique ou une vie impossible » avant de prendre à témoin son interlocuteur à l’origine de la question : « Est ce que toi-même, s’il t’était impossible de nourrir ta famille, de te soigner, de vivre en sécurité, tu ne fuirais pas pour essayer de vivre mieux ailleurs ? Sans doute que si »

ML


Le candidat a terminé sa démonstration en rappelant les conditions qui devaient rendre possible l’accueil des demandeurs d’asiles : « La Guyane a toujours su accueillir les autres, car les guyanais ont avant tout un cœur. Si des tensions apparaissent aujourd’hui c’est qu’il faut mieux penser les moyens pour nous d’accueillir ces demandeurs d’asile. Il faut interpeller l’état pour garantir les conditions d’accueil et les loger dignement ».

Au terme de plus d’une heure d’échange, c’est un membre de l’équipe de Jean-Paul Fereira qui a conclu : « Vous voyez, Jean-Paul est vraiment "sans limite", son engagement est total et il pourrait continuer comme cela encore longtemps. Malheureusement nous sommes tenus par notre programme de campagne, nous allons devoir vous quitter ». Les Apatouciens présents, eux se sont attardés quelques instants pour échanger leurs impressions. La campagne ne fait que commencer.

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3 commentaires

Vos commentaires

g6d 08.06.2021

@Jayjay5: pensez-vous que c'est en regardant en permanence derrière vous vers le passé que vous arriverez à développer la Guyane. De même, l'esprit de colonisé que vous cultivez en attendant tout de la Métropole, n'empeche t il pas les Guyanais de se former et de ne plus dépendre des cadres d'autres régions pour que la Guyane décolle. Mais c'est plus facile à faire !

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g6d 07.06.2021

Promesses avec l'argent venu de la Metropole

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jayjay5 07.06.2021
@ g6d

et alors ? les ex pays coloniaux doivent passé a la caisse. C'est comme sa avec l'Angleterre, Allemagne, Espagne ect... On a exploitez les gens pendant des siecles, maintenant faut passé a la caisse et indemnisez!

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