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JUSTICE

Camopi : alcool et violences, décidément inséparables ?

Michel LE TALLEC Samedi 12 Juin 2021 - 09h10
Camopi : alcool et violences, décidément inséparables ?

Très alcoolisé, il s’était violemment opposé aux gendarmes venus mettre fin à une dispute qui l’opposait à sa compagne. Des antécédents de violence intra-familiale plaidaient aussi en sa défaveur. Il a été condamné à deux ans de prison avec sursis.

 Le moment le plus poignant a sans doute celui où le jeune fils du mis en cause, à peine âgé d’une douzaine d’années, s’est accusé lui-même d’être à l’origine des actes de son père. « S’il est comme ça, c’est à cause de moi » a t-il déclaré à Chouchou Biffot, qui présidait ce jour-là les audiences de comparutions immédiates au Larivot. Stupéfaction de la présidente, qui s’est employée pendant quelques instants à remettre les pendules à l’heure. « C’est toi qui t’en est pris aux gendarmes? Ou c’est ton père? ». Réponse, timide, du jeune garçon, un peu rassuré. « C’est lui. »

Le père en question, un habitant de Camopi âgé de 35 ans, était particulièrement alcoolisé en ce jour du 8 juin dernier, à tel point que les gendarmes ont du intervenir pour le séparer sa compagne, la mère du jeune garçon, avec laquelle il se disputait violemment en public.

Mais il faut croire que l’intervention des forces de l’ordre n’a pas été du goût de l’homme : cris, insultes diverses, et finalement menaces directes avec un couteau, des menaces tellement poussées que l’un des fonctionnaires a dégainé son arme de service, sans toutefois s’en servir. Maîtrisé à grand peine - l’un des gendarmes a eu une ITT inférieure à 8 jours - le forcené a finalement été conduit au poste, en cellule de dégrisement.

Pour sa défense, il affirme « ne se souvenir de rien », se contentant de répéter « qu’il avait trop bu ce jour-là. » Pour autant, et l’instruction menée par la présidente l’a montré, l’homme était familier de ces coups de sang. Outre les faits ci-dessus mentionnés, il comparaissait aussi pour des actes de violences sur sa compagne et son fils, antérieurs ceux-là, puisque perpétrés le 21 février 2019, avec des ITT constatées dont l’une est supérieure à 8 jours. Présents à la barre, la mère et le jeune garçon n’ont toutefois pas souhaité se constituer partie civile, et ils n’ont pas non plus porté plainte. « Tout ce que je veux, a déclaré la compagne, c’est qu’il arrête de boire. »

« L’alcool n’est pas et ne sera jamais une excuse » a asséné le représentant du parquet Julien Jacob, qui a a enchaîné en faisant remarquer au prévenu « qu’il était passé deux doigts de mourir, si le gendarme avait fait usage de son arme, au vu de la menace que vous représentiez. » Il demande une peine de 24 mois probatoire. Pour Me Maud Leguet, qui rappelle que son client a un casier judiciaire vierge et qu’il travaille régulièrement - « il a un CDD de 3 ans » - il convient d’appliquer une peine équilibrée, mais avec bien sûr un sursis.

Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur, assorties d’une mise à l’épreuve pendant 2 ans, d’une obligation de soins et d’interdiction de port d’armes pendant 5 ans. Il devra aussi indemniser le gendarme qui a reçu les coups.

NB. Selon certaines sources proches du dossier, il semblerait que la faiblesse des moyens accordés à la brigade de Camopi ait obligé le gendarme victime des violences à notifier lui-même ses droits au mis en cause lors de son placement en garde à vue, et ce contrairement aux principes qui régissent ce type de procédure pénale.

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Vos commentaires

dny973 13.06.2021

Le gars fait tout ça et le parquet ne demande que 2 ans avec sursis ? il menace sa femme, il l'a frappe, il insulte les gendarmes, il les menaces avec un couteau, le gendarme est obligé de sortir son arme pour faire cesser la menace. Et le parquet ne voit que 2 ans de prison avec sursis à réclamer ? Et surtout que son enfant de 12 ans pense que c'est lui qui est à l'origine de tout ça? on marche sur la tête.Pas étonnant que les gens font ce qu'ils veulent. Et pas étonnant non plus que les forces de l'ordre ne se font pas respecter.

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