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FAITS-DIVERS

Les procès de Serge Romney et Jack-Pierce Bruné renvoyés

S.R. Vendredi 17 Septembre 2021 - 20h40
Les procès de Serge Romney et Jack-Pierce Bruné renvoyés
Les deux hommes ont été interpellés en marge des manifestations du 13 septembre. - D.R.

Serge Romney et Jack-Pierce Bruné étaient présentés ce vendredi au tribunal. Interpellés le 13 septembre en marge des opérations de déblocage de l’ARS et du pont du Larivot, leurs procès ont été renvoyés. Ils sont tous deux placés sous contrôle judiciaire.

 Ce lundi 13 septembre, dans une ambiance survoltée par des interventions des forces de l’ordre qui visaient à débloquer le pont du Larivot et l’ARS, des affrontements suivis par France-Guyane ont quelque peu escamoter l’interpellation de Serge Romney. Cadre à EDF et ancien secrétaire adjoint du syndicat UTG-CGT, le quinquagénaire s’est essayé à une course-poursuite des plus rocambolesque.

Parti de Macouria pour rejoindre l’ARS, alors bloquée depuis plus de deux semaines par le collectif de la Caravane de la liberté, ce père de famille au casier judiciaire vierge a forcé les deux barrages de gendarmerie qui suppléaient alors aux pneus et palettes installés par des manifestants. Ce jour-là, le pont du Larivot a été verrouillé pendant une partie de la matinée.

Circulant en voiture dans le sens Macouria-Cayenne, Serge Romney a sciemment refusé de s’arrêter au premier barrage de gendarmerie à l’entrée du pont malgré les injonctions des militaires. Bis repetita de l’autre-côté de l’ouvrage, à l'endroit où le quinquagénaire à cette fois donné plusieurs « coups de volant » en direction d’un véhicule de gendarmerie parti à ses trousses.

Ce vendredi, Mahrez Abassi, président du tribunal judiciaire de Cayenne, a énuméré au prévenu la longue liste d’infractions qui lui sont reprochées, précisant que « les faits ont été commis avec un risque de mort et de blessures. » Cinq militaires de la gendarmerie, dont trois d'un peloton de gendarmerie en renfort sur le territoire avaient été blessés au moment du "passage en force", se sont constitués partie civile.

Une fois interpellé sur le parvis de l’ARS, après engagement de moyens importants, Serge Romney a été placé en garde à vue. Dans les locaux du commissariat, il a refusé de se soumettre à des vérifications tendant à établir qu’il conduisait sous l’usage de stupéfiants, reniant également le prélèvement biologique destiné à identifier son empreinte génétique. Dès lors, et ce pendant 48h de garde à vue, le militant du mouvement de décolonisation et d’émancipation sociale (MDES) se rebiffait également au port du masque, obligatoire dans les geôles.

Placé en détention provisoire après déferrement, Serge Romney réclamait ce jour par la voix de sa défense Me Stanislas le renvoi du procès. Les débats ont porté sur le maintien ou non du militant en détention provisoire, sous le signe des « garanties de représentations en justice. »
"Contrat de confiance"
« Il a démontré sa volonté consciente de ne pas respecter le contrôle parce qu’il lui est reproché de ne pas avoir voulu se soumettre à l’arrêt, aux tests, et aux prélèvements. » rappelait la représentante du ministère public, qui demandait sans surprise le maintien du prévenu en prison en l'attente de son jugement.

« Le droit au silence est un droit consacré. Assujettir votre décision à l’émotion et à la passion : non ! M. Romney peut parfaitement remplir une décision de contrôle judiciaire. » a soutenu Me Stanislas, se référant notamment aux multiples procès intentés aux membres de collectifs, notamment aux termes d’affrontements avec les forces de l’ordre à proximité des incarnations de la gestion de la crise sanitaire en Guyane.

« Pour considérer qu’un contrat de confiance est violé, il faut d’abord qu’il soit établi » lançait Mahrez Abassi avant délibéré, laissant le prévenu repartir sous contrôle judiciaire. Le jugement de Serge Romney a été reporté au 29 octobre.

Dossier suivant. L’avenir judiciaire de Jack Pierce Bruné, interpellé pour avoir « dissimulé son visage dans une cagoule afin de ne pas être identifié au cours d’une atteinte à l’ordre public » et contrôlé en possession d’une batte de baseball et d’un couteau, balance sur la table des magistrats.

« Avez-vous été pris dans la nacelle de ses mouvements ? » questionne le président de l’audience. Fébrilement, le prévenu ne réfute pas, lâchant simplement à la barre : « je pense que le fait de rester confiner le dimanche et de ne plus pouvoir pratiquer son sport ou ses activités culturelles et sociales a créé un certain déséquilibre sur le territoire. »

Etudiant en première année de droit, ce premier rapport "pratique" quelque peu ubuesque de Jack-Pierce avec le justice a été souligné par la Procureure de la République : « il y a d’autres façons de réclamer un stage auprès de la justice que de faire un passage en comparutions immédiates. »

Réclamant le renvoi du dossier, sa défense Me Leblanc a obtenu gain de cause. Le manifestant (dé)masqué devra toutefois s’acquitter d’un pointage par semaine à la gendarmerie en attente de son procès, fixé au 5 novembre.

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4 commentaires

Vos commentaires

BELLOD 18.09.2021

Profitons-en pour saluer le professionalisme des forces de l'ordre en Guyane. Malgré ce genre d'excités, aucune violence policière choquante du genre mutilations (oeil éborgnés, mains arrachées) à déplorer, comme ce fut hélas le cas contre les gilets jaunes en métropole. Antagonismes et tensions sociales certes, et encore ça ce discute, mais sans le moindre déparapage de la maréchaussée. Quand l'Etat et ses serviteurs font bien le djob, il faut aussi le souligner.

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RAF973 18.09.2021

Bonjour
Ce Romney ( cadre chez EDF...., encore une force vive de la société certainement ) manque de tuer des gendarmes et il est laissé libre ?????
Il devrait être mis à Remire sans même discuter. Dans d'autres pays il aurait fini plombé après le premier franchissement.
Et dire que c'est nous qui payons ce delinquant au travers de nos factures d'électricité . J'espère qu'EDF saura en tirer les bonnes conclusions. C'est une tentative d'assassinat
Pas glorieux pour cette société de conserver de tels personnages ....
On peut se demander de quoi il est capable sur son lieu de travail en terme de confiance et responsabilité. En temps qu'usager c'est assez inquiétant.
A dégager vite fait.

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bozo 18.09.2021
La prison est pleine

Pour le jeune masqué, c'est peut-être pardonnable, mais pour le fou du volant, ce voyou aurait pu au moins avoir un bracelet électronique...
Si cela avait eu lieu au Brésil ou au Surinam,le forcené se serait fait tirer dessus par les forces de l'ordre, il n'y aurait même pas eu de procès.

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philsa973 18.09.2021
INCOMPRÉHENSIBLE

La décision de placer M. Romney en liberté sous contrôle judiciaire est incompréhensible. C'est une personne expérimentée dans la lutte syndicale. Cela ne l'empêche pas de franchir 2 barrages mettant en danger la vie de personnes. Refus d'obtempérer,délit de fuite tout cela pour aller retrouver ou prévenir d'autres manifestants. A son âge et avec son expérience, elle sait ce qu'elle fait...et méritait d'aller en détention en attendant son procès. Mais voilà, un cluster au centre pénitencier lui permet vraisemblablement d'y échapper...Il peut vraiment dire merci au covid....

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