• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
FAITS-DIVERS

Les charges retenues contre Jeremy Harrous suite à l’opération de délogement des migrants

S.R. Vendredi 18 Juin 2021 - 18h56
Les charges retenues contre Jeremy Harrous suite à l’opération de délogement des migrants
Le mis en cause, qui tient une agence de marketing à proximité du Kiosque Damas, a menacé de mort des journalistes qui filmaient l'expulsion qu'il diligentait ce lundi soir. - D.R.

 Auditionné sous le régime de la garde à vue ce vendredi 18 juin, le “meneur” de l’opération de délogement des migrants a été convoqué en justice suite aux plaintes déposées par deux journalistes de Guyane la 1ère. Une partie des charges retenues contre l’entrepreneur ont été abandonnées.

 Lundi soir, une quarantaine de ressortissants étrangers étaient évacués manu militari du kiosque Léon Gontran Damas par un riverain, qui avait déjà annoncé “l’opération” sur le live Facebook de nos confrères de Radio Péyi. Jeremy Harrous, directeur d’une agence de marketing qui a pignon sur rue avec le kiosque, n’y était pas passé par quatre chemins. Soit les migrants - des ressortissants syriens et cubains arrivés la semaine passée - quittaient les lieux de leur plein gré, soit il “brûlait tout” tel qu’il le rapportait, en direct sur les réseaux sociaux.

Comme relaté dans cet article, l’entrepreneur a dû faire marche à arrière, et revoir son projet suite aux vives réactions qu’avaient suscité ses déclarations, fomentées en partie suite à la brusque saillie lâchée juste après par l’adjointe au maire de Cayenne Laura Hidair-Louis, chargée de la lutte contre l’habitat indigne et insalubre. Rendez-vous était alors donné le soir même, ce lundi 14 juin, aux abords du kiosque Damas pour procéder à cette évacuation. “Il a compris qu’il ne maîtrisait plus le buzz qu’il avait fait dans la journée” nous explique sa défense, Me Boris Chong-Sit.
Entendu par les enquêteurs ce vendredi
Le soir des faits, Jérémy Harrous a été désigné comme le “meneur” de cette expulsion attendue, qui avait conduit la quarantaine de ressortissants étrangers jusqu’aux abords de la Préfecture. Histoire de “mettre l’État au devant de ses responsabilités” comme il nous l’expliquait au lendemain des faits. Mais entre-temps, deux journalistes de Guyane la 1ère affirment avoir été “directement menacés par le meneur de l’action” selon un communiqué de l'intersyndicale composée de l'UTG, du SNJ et de la CFDT Guyane La Première, publié le mardi 15 juin. Selon les représentants syndicaux, le directeur d’agence aurait menacé directement deux des journalistes de la station publique, déclarant notamment : “si tu me filmes, je te tue, je suis armé”.

Entraînant au lendemain des faits deux plaintes des confrères à la gendarmerie de Remire-Montjoly, et l’ouverture d’une enquête pour “menaces de mort sous conditions” confiée au Service Territorial de la Police Judiciaire de Cayenne. Ce vendredi, Jérémy Harrous a été entendu dans ce cadre sous le régime de la garde à vue, de 9 h à 13 h 30. Selon ses déclarations aux enquêteurs, le “meneur” de l’opération n’aurait dans un premier temps pas reconnu la qualité de journaliste de notre confrère avec qui il est entré en contact en premier.
Convoqué en justice
“Il a vu en face de lui quelqu’un qui tenait une caméra et qui ne portait aucun signe distinctif ou logo pouvant le rattacher à un média quelconque” fait valoir sa défense Me Boris Chong-Sit. Après lui avoir indiqué qu’il ne souhaitait pas être filmé, le trentenaire est retourné en tête du cortège des ressortissants. S’enregistrant paradoxalement en “selfie” pour le compte de ses réseaux sociaux. De là, il aurait aperçu le journaliste en question la caméra braquée sur lui, toujours selon sa défense et les propos qu’il a tenus face aux enquêteurs. C’est à cet instant que l’homme a proféré les menaces de mort, qu’il a reconnu au cours de sa garde à vue.

“Une deuxième personne avec un masque et une carte de presse est ensuite apparue dans son champ de vision. Il a alors compris que la personne avec qui il a échangé en premier était un journaliste” poursuit sa défense. L’homme aurait alors cessé toute interaction avec nos deux confrères.

Placé en garde à vue pour les chefs d’infraction de “menaces de mort sous conditions “et “atteinte à la liberté de la presse”, Jérémy Harrous a exprimé “ses sincères regrets” à l’issue de son court séjour en geôle selon Me Boris Chong-Sit. Parmi les deux infractions pré-citées, le parquet a retenu uniquement les “menaces de mort sous conditions”, et le mis en cause s’est vu remettre une convocation par officier de police judiciaire le 1er juillet. Date à laquelle il aura une nouvelle occasion de s’expliquer sur les faits qui lui sont reprochés.

La rédaction de France-Guyane renouvelle son soutien à nos deux confrères ayant déposé plainte pour menaces de mort sous conditions. 

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
4 commentaires

Vos commentaires

Lechat 19.06.2021

Et voilà d'abjects comportements miliciens acclamés...
Pauvre Guyane, pauvre France, pauvre Humanité.

Répondre Signaler au modérateur
Harold 19.06.2021

Journalistes ou pas, ce monsieur n’a pas hésité à proférer des menaces de mort, après avoir menacé de mettre le feu au kiosque pour chasser les migrants. C’est largement suffisant pour qu’il soit poursuivi et jugé. A moins qu’on ne soit au Far west où chacun peut sortir son fusil ?

Répondre Signaler au modérateur
Éveil de Guyane 19.06.2021
Guyane la 1ère quel est l'objectif?

C'est le monde à l'envers. Merci M. HARROUS pour ce que vous avez fait! Merci beaucoup! Il en faut d'autres comme vous en Guyane!

Répondre Signaler au modérateur
dny973 19.06.2021

Soutien à Monsieur HARROUS , je ne le connais pas mais je soutiens l'action de ce monsieur. Ila fiar ce que beaucoup d'entre nous n'ose pas faire. Il ne s'est pas laissé faire, il a entamé une action qui au final a bien aidé les migrant car ils ont trouvés un endroit où dormir autre que la rue

Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
Une

Accident mortel sur la route de Mana

P.R - Vendredi 18 Juin 2021

3 commentaires
6 commentaires
11 commentaires
7 commentaires
A la une
4 commentaires
1 commentaire