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TOURISME

EN IMAGES : la plus belle pépite de Bélizon, c’est cette vision !

Xavier-Paul Le Pelletier Mardi 8 Juin 2021 - 16h42

Les petits panneaux de bois qui renseignent le camp renforcent l'atmosphère bucolique - Yann Espern / @ye.films

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 Un très grand sourire et des yeux pétillants. Pour ce qui est des bases essentielles d’un échange hospitalier, Denis Armagnac a tout ce qu’il faut. Un sens inné du partage, de la franche rigolade et une infinité de savoirs et d’anecdotes distillées avec simplicité et pédagogie. Un florilège qui permet à ce jeune homme de 27 ans de réunir le bagage des qualités que chaque touriste peut espérer trouver auprès d’un guide lorsqu’il part à la découverte de notre forêt et bien au-delà. Le camp Bonaventure dont il a récemment fait l’acquisition se révèle être un petit paradis grâce à toute la force de travail qu’il y a investi.

 Sur ses layons, de jour comme de nuit, qu’il pleuve ou qu’il vente, Denis est toujours paré : surtout s’il y a des défis à relever ! Celui qui est arrivé en Guyane pour suivre une formation de BTS GPN (gestion et protection de la Nature) au lycée agricole de Matiti en 2013 s’est vite découvert une passion pour l’expédition en forêt : à la recherche de l’infinité de merveilles et de surprises que peut offrir notre nature. Et en à peine quelques années, le guide n’a pas chômé. Son érudition, sa préparation et sa motivation en font le parfait moteur d’une sortie à l’ombre nos géants feuillus : du public non-initié à ceux qui se considèrent comme les plus chevronnés des aguerris.

Contrairement à la plupart des guides, Denis possède une grosse particularité. Très grosse même, si ce n’est absolument fabuleuse. Celle d’être devenu l’année dernière l’heureux propriétaire d’un camp : le sien et pas n’importe lequel. Le camp Bonaventure.

Une ancienne exploitation aurifère avec ses cinq hectares aménagés en jardins paysagés mais encore sa quarantaine d’hectares de boisés environnants et des layons menant ensuite jusqu’au sommet du mont Grand Tortue. Un veinard, notre cher Denis ? Plutôt un monstre de travail et de détermination, doublé d’un sérieux caractère visionnaire et de toute l’humilité qui semble nécessaire à la concrétisation de n’importe quel projet qui se veut réaliste.
HISTOIRE D’UNE RENAISSANCE
Lorsqu’il découvre pour la première fois ce qui deviendra cinq ans plus tard son véritable « chez-lui » : le camp Bonaventure n’est pas dans une forme olympique. Ce fut pendant près d’un siècle un haut lieu de l’orpaillage en Guyane par l’exploitation de polders de Saint-Luciens à la fin du XIXe siècle puis par une société minière. Le domaine a ensuite été sanctuarisé par son ultime directeur qui avait souhaité donner à ce lieu une vocation touristique plutôt haut-de-gamme. En témoigne le travail botanique remarquable effectué pour planter les centaines de palmiers arborant le camp et constituant l’un des plus beaux ensembles de palmeraie à des centaines de kilomètres à la ronde.

Pourtant à l’époque, malgré la majestuosité des Bismarcks, pandanus, palmiers rouges, pinots, awaras, wassaïs et démultipliants qui transcendent les jardins du camp Bonaventure : l’ombre des palmes ne suffit pas à réunir les standards de confort imaginés par le propriétaire d’alors ou par ceux qui se proposèrent de prendre sa succession. D’ambitieux projets équestres en luxueuses villas en bord de crique : l’opulence matérielle n’a jamais su prendre le dessus sur cette beauté naturelle à couper le souffle. De quoi passablement décourager les uns et les autres -laissant à chaque départ successif le site un peu moins bien entretenu.

Denis accepte donc après avoir quitté Matiti d’occuper le poste de « gardien » du site. Un gardien qui se veut plus que volontaire pour ce qui est d’entretenir le camp devenu alors une belle endormie. Ce, alors même que l’essentiel de ses revenus proviennent alors des visites guidées qu’il se met à organiser sur ces layons dont il assure lui-même le tracé et l’entretien. Le jeune Denis prend alors la pleine mesure du potentiel de ce site et décide ainsi d’en sceller le destin… et le sien. Ce destin : ce sera lui qui ira concrétiser la vocation d’hébergement touristique, de découverte pédagogique et de recherche scientifique de cette bonne aventure.
 UN JARDIN D’ÉDEN
Chaque personne qui y est allé pourra en attester : les mots ne suffisent pas à décrire la beauté du lieu. Il suffit ne serait-ce que d’y arriver pour la première fois à la nuit tombée dans un crépuscule strié de palmes pour déjà en avoir un souvenir inoubliable sans même en avoir encore foulé sa latérite. Ses différents carbets aux noms évocateurs donnent au camp une ambiance de petit village, pourtant son aspect probablement le plus bucolique reste encore bien à l’abris d’une hauteur de portière de voiture.

Il faut descendre une petite dizaine de marches pour retrouver le grondement de l’une des plus belles, des mieux préservées et des plus farouchement gardées criques de Guyane. Une crique dont la limpidité de l’eau parait sans égale sous nos latitudes. S’il s’agit bel et bien d’un seul et unique cours d’eau, celui-ci serpente le long du camp : offrant différents spots de baignade aux ambiances à chaque fois exceptionnelles. Des points d’eau permettant même aux nageurs les plus invétérés deux ou trois petites brasses dans les recoins stratégiques autorisant ce luxe ultime en comparaison des eaux pour la plupart troublées et peu profondes de nos autres rus.

Et ça n’est pas fini ! Comme chaque bijou, le camp Bonaventure ne se mérite qu’après avoir pris le temps d’en observer chaque facette sans en oublier l’écrin : un environnement alentour parfaitement grandiose en termes de biodiversité. Il suffit de franchir un tronc d’arbre qui enjambe le cours de la crique pour suivre un panneau qui vous mène sur un layon et en une heure à peine l’on se mène du royaume des colibris à l’ambiance irréelle d’une cascade en argile rose qui semble ne pouvoir qu’être tirée d’un palais de science-fiction. Nous sommes pourtant au cœur de notre forêt et dans sa partie encore la plus facile d’accès.
DES PARCOURS POUR SATISFAIRE LES PLUS SOLIDES
Sportifs intrépides et explorateurs peuvent aussi faire appel à Denis pour qu’il les mène sur ses propres traces. Celles des 18 kilomètres de layons sur la montagne qu’il est en train de faire homologuer par l’ONF et qui constitueront à terme l’un des réseaux pédestres les plus impressionnant de Guyane. Et qui pourrait même constituer le maillon manquant reliant Approuague à Bélizon ou même à très long terme de Kaw jusqu’à Saül !

En attendant d’éventuellement être un jour le cœur de ce qui serait alors définitivement un véritable GR : suivre Denis le long de cette aventure est déjà la promesse de moments parfaitement uniques. Les longues heures de gravissement -certes éprouvantes- de ces plusieurs centaines de mètres de dénivelé s’oublie très facilement à la découverte de la succession de cascades toujours plus impressionnantes qui jalonnent l’ascension de ce mont Grand Tortue. Massif au sommet duquel Denis a même aménagé points de vue et camp de base dans le cas où des scientifiques peuvent être amenés à passer quelques jours de recherches.
LA PASSION DE LA NATURE
Il faut rappeler combien Denis est un naturaliste hors-pair ; une qualité qui semble plutôt évidente à souhaiter chez un guide en milieu amazonien : mais qui se révèle être absolument déterminante dans la dimension de durabilité qu’il a choisi de donner au développement de sa structure. Alors même qu’il vient de fêter une pleine année sans utiliser la moindre goutte de combustible pour alimenter un quelconque groupe électrogène, qu’il s’alimente en eau grâce à un forage, et que ses panneaux lui fournissent le minimum d’électricité nécessaire ; le jeune homme qui a aussi grandi à Bali n’est pas que fier de ses origines girondaises : mais bel et bien de la concrétisation de son auto-suffisance.

Sa passion pour la nature et le soin qu’il apporte à celle qui l’environne, ce sont encore les visiteurs scientifiques de Denis qui en témoignent le mieux par leur confiance renouvelée. Une visite au camp Bonaventure peut parfois être l’occasion de se retrouver mêlé à un quasi-congrès improvisé de spécialistes s’y étant donné rendez-vous. Pièges lumineux, sorties nocturnes de photographes animaliers ou encore manipulations de reptiles et d’amphibiens peuvent à tout moment venir agrémenter votre séjour d’un divertissement tout aussi inattendu qu’instructif.

Prochaine réalisation pour Denis : il souhaite s’atteler dès que le contexte sanitaire le permettra à la tenue d’un « festival de la Nature ».

Un joyau à jalousement préserver.
Le camp Bonaventure ne se visite que sur réservations : 20€ la nuitée, prestations de sorties en forêt en sus. Pas de restauration tant que la situation sanitaire n’est pas rétablie. Les chiens sont autorisés pour un supplément de 5€ par animal et par jour. PrivatisationS possibleS;
Contact : 0594 36 72 92 et acds-guyane@ outlook.fr. Privilégiez les mails, les liaisons téléphoniques se faisant par connexions satellitaires.

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4 commentaires

Vos commentaires

J 10.06.2021
Magique !

Merci pour ce bel article !
Pour y avoir été, il est vrai que le camp Bonaventure est un lieux exceptionnel et Denis un hôte adorable !
... vraiment ce camp est un endroit magique !!!

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beguin973 08.06.2021

40€ la nuit pour un couple+5€ pour le chien(pour dormir en hamac et le chien par terre ) il s'emmmerde pas le Denis .La Guyane personne ne vous croira!!!!!

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GILLES BERNARD 09.06.2021

Quand on aime on compte pas...

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aekiih 09.06.2021

toute peine mérite salaire, parce que vous êtes en Guyane et que vous êtes guyanais ca devrait être gratuit. mais bon payé 20/pers un passionné qui entretient et fait revivre un site pratiquement abandonné c'est trop....on ira loin je vous le dis on ira loin avec des gens comme vous

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