• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

Roberto Osseux : « Ce sont les petits qui trinquent »

P.R. & XP.LP. Vendredi 20 Août 2021 - 13h18
Roberto Osseux : « Ce sont les petits qui trinquent »
Roberto Osseux, président de la CMA aux côtés de restaurateurs ambulants - XPLP

 Président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA), Roberto Osseux est venu exprimer ses inquiétudes et son mécontentement face aux dernières annonces préfectorales, accompagné d'un élu et de représentants du syndicat des marchands ambulants de l’île de Cayenne. Tous craignent des incertitudes quant au maintien de leurs activités et dénoncent l’application d’une politique trop stricte à leur égard. Une réunion de concertation est prévue dans l'après-midi de ce vendredi. Entretien.

M. Osseux, en tant que président de la CMA, quelle est votre réaction après les dernières mesures annoncées ?
Roberto Osseux – Nous sommes en colère, pas seulement moi, mais l’ensemble des snacks ambulants et de leurs syndicats. Ce sont encore les petits qui trinquent comme s’ils n’avaient pas assez souffert en 2020. C’est un nouveau coup de massue que ce confinement en zone rouge qui n’a pas lieu d’être. Nous avons dit hier au préfet qu’avec un taux d’incidence à 300, il n’était pas nécessaire de pénaliser encore une fois les petites entreprises. J’estime que des responsabilités n’ont pas été prises avant la crise sanitaire et ce sont aujourd’hui les petits qui en font les frais. Ça n’est pas normal, mettons une discussion en place !
Quelle proposition faites-vous au préfet à ce niveau ?
R.O. – Nous proposons plus de dialogue avec l’ensemble des acteurs du monde de l’entreprise et des actifs. Afin que l’on puisse correctement être aux faits de la mise en place de l’application du pass sanitaire. Avec 20% de vaccinés, nous sommes encore loin d’être tirés d’affaire, c’est pour ça qu’il nous faut développer les échanges et les discussions.
M. Wang, vous êtes élu à la CMA et représentant des restaurateurs ambulants : où en sont les aides financières concernant les artisans derrière vous ?
Liang Wang : À Kourou par exemple, les artisans qui ont des roulottes ne sont pas parvenus à accéder à la plateforme mise en place par les impôts pour pouvoir accéder aux dispositifs d’aides. Et même lorsque l’on y arrive, il est très difficile pour nous de pouvoir en disposer comme nous ne tenons pas vraiment de comptabilité…

R.O. – Si l’on refait la genèse des choses il faut bien admettre que les choses se sont plutôt bien passées en 2020. C’est à partir de cette année que ça s’est gâté. Désormais les montants ont été réduits à 1500€, c’est une somme qui ne suffit même pas à couvrir les charges et les frais fixes de ce type de commerces !
M. Chen, vous êtes le président du syndicat des restaurateurs ambulants de la ville de Cayenne, quel est votre sentiment ?
Tony Chen – L’année dernière nous avons été fermé près de six mois et le reste du temps nous ne pouvions même pas être ouverts toute la soirée. La mairie de Cayenne ne nous a facturé nos emplacements que pour une période de huit mois. Mais pour nous devoir finir de travailler à 19h ne peut en aucun cas être rentable.

L.W. – Nous en sommes depuis mars 2020 à dix-sept mois de crise durant lesquels nos activités ont été paralysées huit à neuf mois.

R.O. – Culturellement, la vie guyanaise s’organise pour aller aux roulottes aux alentours de 20h00, comment voulez-vous que les artisans puissent gagner leur vie s’ils doivent être partis à un horaire auquel normalement ils finissent de s’installer. D’autant qu’il y a des patentes pour la journée et d’autres pour la soirée. Il faudrait au moins laisser les ambulants travailler jusqu’à 21h00. Après tout, ils sont en plein air. À l’époque, les roulottes ont pu produire un protocole en vingt-quatre heures grâce à l’accompagnement de la CMA. Il avait été validé en préfecture et la mairie de Cayenne avait veillé à ce que soit mise en place une circulation unilatérale de manière que ceux qui passent commandes ne croisent pas ceux qui emportent leur repas ; avec une signalisation au sol. Que l’on veuille limiter les contacts à table, très bien ! Mais eux en attendant n’ont rien qui permette une consommation sur place…
Que vous répond le préfet à ces constats que vous lui avez forcément exposés ?
R.O. – Il regarde en direction des Antilles où malheureusement c’est près d’une dizaine de personnes qui meure chaque jour en ce moment. Je le répète mais des promesses n’ont pas été tenues quant au système de Santé en Guyane. Nous ne sommes plus aux débuts du Covid, c’est désormais une situation que l’on connait, pourtant il n’y pas eu d’anticipation suffisante pour permettre que les plus petits ne souffrent pas.

L.W. – Il faut bien réaliser que nous ne représentons pas seulement la cause des ambulants, mais aussi des snacks et de leurs fournisseurs. Nos boulangeries auprès de qui nous achetons nos pains sont gravement menacées, d’autant que les libres-services écoulent eux aussi moins de baguettes. D’autant qu’après nous avoir annoncé que nous pouvions reprendre nos activités, les stocks ont été refaits. Ce sont désormais des tonnes de farine, d’œufs et de jambon qui vont être gaspillées si ces quinze jours de suspension d’activité se prolongent. Nous avons besoin de pouvoir au moins ouvrir jusqu’à 21h00, les Palmistes, c’est une culture. On y vient parfois tard pour les personnes sortant du travail et cela assure une petite animation dans la vie de la commune. Nous demandons au moins la mise en place d’une aide spécifique concernant les ambulants. Nous ne parvenons pas à accéder aux dispositifs qui existent faute de pouvoir présenter une comptabilité à jour.

R.O. – C’est justement là le rôle de la CMA. Plus de 70% des artisans dans ce secteur ont des difficultés de comptabilité et nous faisons tout pour les accompagner. De même que concernant la mise en place de protocoles qui permettraient de prendre des commandes depuis son téléphone et n’avoir qu’à venir les récupérer sans attendre en permettant de limiter les contacts. Je ne vois alors pas ce qui pourrait justifier de ne pas pouvoir rester ouvert plus tard que 19h00.
Que pensez-vous des appels à la désobéissance civile ? On a vu un certain nombre de commerces ouvrir en mai à l’approche de la fête des mères, avant-même que la préfecture réautorise ces magasins.
R.O. – Nous respectons la législation française, mais je l’ai souligné au préfet, les gens en ont marre, on risque donc d’en arriver là. Quand les gens perdent de l’argent et voient que leur entreprise est en péril, ils sont prêts à tout. Pourquoi aujourd’hui devoir subir ce confinement avec un taux d’incidence à 300 quand aux Antilles ils ont attendu d’être à 1000 ? Encore une fois, ce sont parce que des responsabilités n’ont pas été prises par anticipation qu’aujourd’hui l’économie en subit les effets négatifs. Où sont les lits que l’on nous avait promis ? Il faut bien se rendre compte de la détresse de certains qui se sont retrouvés tant acculés par les dettes qu’ils ont malheureusement commis l’irréparable. Et il n’y a pas que les ambulants qui souffrent, on dit que le BTP se portent bien, mais il n’en est rien ! On passe des heures à nettoyer véhicules et équipements et pendant ce temps-là, bien que l’INSEE dise le contraire, les ménages ont moins d’économies à investir dans ces secteurs.
Appelez-vous ceux que vous représentez à la vaccination ?
R.O. – Selon moi, il s’agit d’un choix personnel.


Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
4 commentaires

Vos commentaires

jayjay5 21.08.2021

Commentaire supprimé par la rédaction

Répondre Signaler au modérateur
Georges de Cayenne 20.08.2021
Revendications légitimes

Des revendications légitimes exposées par des personnes sensées. On a vraiment envie de les écouter et faire en sorte que leur situation s'améliore. Dommage que les médias accordent tant d'importance aux trois pelés et à un tondu qui gesticulent dans le vide avec des arguments basés sur de fausses nouvelles si j'en juge par ceux développés ce matin sur votre chaîne Facebook.

Répondre Signaler au modérateur
Josse 20.08.2021

"...il est très difficile pour nous de pouvoir en disposer comme nous ne tenons pas vraiment de comptabilité…..."

Forcément, tout est en espèces !

Marrant ça, les commerçants qui déclarent le quart de leurs revenus pour pas payer d’impôts, et ensuite se plaignent de ne pas avoir d'aides financières puisqu'ils sont incapables de fournir une compta à jour et réelle.

On ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière.

Répondre Signaler au modérateur
Parbo 20.08.2021
Pas que des fonctionnaires

60 manifestants ce matin .
A causes d eux la Guyane risque de prendre chère.
Ils ne balances que des mensonges .
J espère qu ils vont subir dans leurs chaires la maladie .

Répondre Signaler au modérateur
g6d 20.08.2021

Ce sont les petits qui trinquent effectivement alors que ceux qui portent le mouvement sont fes fonctionnaires qui auront leur paie à la fin du mois.

Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
9 commentaires
2 commentaires
5 commentaires
A la une
1 commentaire