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INFO FRANCE-GUYANE

Les manifestants « enjoints » de libérer le Grand Port Maritime, la Sara « sera débloquée demain » selon son directeur des terminaux

S.R. Mercredi 20 Octobre 2021 - 17h43
Les manifestants « enjoints » de libérer le Grand Port Maritime, la Sara « sera débloquée demain » selon son directeur des terminaux
Des bus bloquent les entrées de la SARA et du Grand Port Maritime de Guyane depuis lundi matin. - Photos : Gaetan Tringham

 Le tribunal administratif de Cayenne s’est penché ce jour sur la procédure en « référé mesures utiles » lancée par la direction du Grand Port Maritime de Guyane lundi. Le juge des référés ordonne « le déblocage des accès », sous astreinte de « 100€ par heure de retard ». La Sara, bloquée depuis lundi, sera libérée dès demain selon Frédéric Dupelin, son directeur des terminaux en Guyane.

 Le juge des référés Laurent Martin a ordonné ce mercredi aux différentes organisations qui bloquaient depuis lundi plusieurs accès au Grand Port Maritime de libérer l’accès sous astreinte de 100€ par heure de retard. Une décision rendue en début d’après-midi, et suivie à la lettre puisque les bus qui obstruaient le passage ont été dégagés ce mercredi.

Deux jours et demi durant, sur initiative de l’UTG et des différents signataires du collectif « la Caravane pour la liberté », des accès au parking des terminaux du Grand Port Maritime ont été bloqués par des manifestants, en guise de riposte aux peines de prison ferme prononcées à l’encontre de quatre manifestants, pour certains syndiqués à l’UTG, d’autres – Richard Cimonard et Stéphane Palmot - respectivement ancien membre et président de l’association des 500 frères.

Représenté par Me Pouillaude, Philippe Lemoine, directeur du GMP, enjoignait -par une requête enregistrée le 18 octobre 2021- les « occupants sans titre » de « cesser toute obstruction » et de « lever tous les obstacles mis en place sur les accès du port ». Il demandait également au juge des référés « d’assortir cette injonction d’une astreinte, pour chacun des contrevenants, de 200 euros par heure de retard », puis de « mettre à la charge de chacun des occupants sans titre du GMP de la Guyane la somme de 1000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. »

A l’audience de ce jour, France-Guyane a pu constater la seule présence de représentants de l’UTG et de Trop Violans, soit deux des quelque 30 signataires de la Caravane pour la liberté. Yannick Xavier et Yvane Goua, secrétaire général de l’UTG et porte-parole de Trop Violans, expliquaient ce matin, dès 10h, au juge des référés Laurent Martin, également président du tribunal administratif, que « les gens peuvent entrer pour décharger » et qu’« ils [la direction du GPM] ont eux-mêmes enchaîné et entravé l’entrée ». Lundi, une source proche de la direction nous informait qu'un huissier s’est rendu sur place pour « constater le blocage » et qu' un « constat d’huissier a été dressé. »

Ce mardi, un agent de la police municipale de Remire-Montjoly a tenté de remettre une notification par acte d’huissier, appelée signification, qui a été refusée par les manifestants. Sur le constat d’huissier produit par l’établissement requérant (le Grand Port Maritime), seul Emmanuel Sophie, syndiqué UTG et salarié du Grand Port Maritime, est nommément cité.

Quant à la faible représentativité du défendeur, le tribunal administratif justifie, dans son ordonnance : « si le syndicat UTG et l’association Trop Violans dénient toute participation à l’action en cause, il ressort des déclarations de leurs représentants à l’audience que celle-ci est conduite par le collectif connu sous le nom de « Caravane de la liberté » dont ces deux organisations sont, de notoriété publique, des membres actifs. »

« Il résulte de l’instruction que les organisations en cause et les individus s’en réclament en faction à l’entrée du port empêchent le fonctionnement normal de l’activité portuaire, laquelle présente un caractère essentiel d’intérêt général pour le territoire Guyanais et sa population » poursuit le tribunal administratif dans ses conclusions.

En conséquence, « il y a lieu d’ordonner aux organisations et individus intéressés de libérer les lieux sans délai à compter de la notification de la présente ordonnance » conclut le juge des référés Laurent Martin. Comme constaté sur place, les différents bus qui obstruaient le passage - environ 1m50 étaient "libres" de chaque côté -  et empêchaient tout déchargement ont été rapidement dégagés par les manifestants.
Les stations-service seront ravitaillées dès demain à 5h

Empêchés depuis lundi par les manifestants de la même « Caravane pour la liberté », les ravitaillements en carburant des 34 stations-service du territoire pourront bien avoir lieu demain. « Des chargements de camions-citernes auront lieu à partir de 5h du matin » nous explique Frédéric Dupelin, directeur des terminaux de la Sara en Guyane.

A l’issue d’une réunion en préfecture avec le comité de direction de la Sara et plusieurs acteurs du monde socioprofessionnel, les trois distributeurs de la Sara en Guyane, Rubis, Total et Sol ont été informés de la libération des différents accès dès demain à l’aube. Dans un live relayé sur le réseau social Facebook, Yannick Xavier annonçait plus tôt dans l’après-midi qu’il s’engage à ce que les stations-service du territoire soient ravitaillées, sans pour autant esquisser la fin du blocage en cours.

Interrogé sur les escales forcées pour les deux liaisons aériennes Cayenne-Paris hier (mardi) soir, Frédéric Dupelin explique que ce modus operandi a déjà été mis en place auparavant, et que le Jet A-1, carburant de type kérosène convenant à la plupart des aéronefs à réacteur, est défini par une norme internationale, ce qui ne pose donc pas de difficultés pour les avitaillements à l’étranger (au Suriname notamment, comme nous l’expliquions dans l’article).

La Sara étant en charge de l'approvisionnement en kérosène du Groupement pétrolier avitaillement Rochambeau (GPAR), son blocage a entraîné l'impossibilité d'avitailler deux vols Cayenne-Paris respectivement commercialisés par Air Caraïbes et Air France ce mardi 19 octobre. Ces derniers ont dû faire escale à Paramaribo et Fort-de-France.

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5 commentaires

Vos commentaires

Vieux blanc 21.10.2021

La caravane de la liberté est arrivée ce matin à dégrad des cannes elle était formé de gendarmes mobiles dans des camions militaires.

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jayjay5 21.10.2021
le peuple doit soutenir le mouv

meme si y faut se passé de carburant pendant quelque semaine, le sacrifice vaut la peine parce que n'oubliez pas que la caravane se bat pour TOUT les Guyanais... y se batte pour votre santée donc faut pas crachez sur eux tout le temps...

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g6d 21.10.2021

Trop violans et les 500 frères se défaussent en disant que ce sont les autres, absents au tribunal, qui bloquent. Même si ce blocage est effectué par la Caravane dont ils font partie et qu'ils ne se sont pas desolidarises de cette action. Ces "gros bras" n'ont même pas le courage d'assumer leurs actes. C'est toujours de la faute des autres. La Guyane est bien dirigée par des irresponsables !

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jess 21.10.2021

le feu au cul

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Mali 20.10.2021

La caravane de la liberté restreint la liberté de circuler. Quel paradoxe !
Il est heureux de constater le retour à une situation normée et conforme aux valeurs et aux lois de la République.

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