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ÉNERGIES

LARIVOT : un convoi d'une quarantaine de camions en opération escargot

S.R. & XP.LP. Mardi 3 Août 2021 - 09h46
LARIVOT : un convoi d'une quarantaine de camions en opération escargot
L'un des camions ouvrant le cortège de l'opération escargot contre l'arrêt des travaux du projet de centrale du Larivot. - SR

 Réagissant à la décision du tribunal administratif de suspendre le controversé projet de centrale thermique au Larivot à Matoury, les acteurs concernés du BTP ont choisi de se fédérer autour d'une mobilisation se traduisant par une série de rencontres avec le préfet et le président de la CTG menée par un imposant cortège d'une quarantaine de camions, bien à même de leur apporter la visibilité escomptée. 

 Très symboliquement, ce sont Olivier Mantez -président de NOFRAYANE et de la SOGEA- et Thara Govindin - présidente du MEDEF- qui se sont érigés en porte-étendart de la mobilisation en déroulant, les premiers, l'une des banderoles symbolisant l'objet de leur manifestation.

En cause, leurs craintes exprimées quant aux conséquences sur le secteur du bâtiment de la mise à l'arrêt du chantier de la centrale du Larivot. Pas moins d'une quarantaine de camions qui appartiennent aux sociétés que dirigent les chefs d'entreprises présents participent à cette démonstration de mécontentement : avec une belle opération escargot à la clef, sillonant les principales voies de circulation entre le Larivot et la préfecture avant d'aller à la rencontre du président de la CTG.

Sur une banderole, on découvre la faible lueur d'une bougie avec écrit au-dessus en lettres capitales rouges "Black Out" et un iguane qui déclare dans une bulle "Cette fois, ce sera pas ma faute", en référence à la panne géante de 2016 qui, pendant plusieurs jours, avait privé l'ouest guyanais d'électricité et que l'on avait attribuée à un malheureux iguane qui se serait électrocuté dans les installations d'EDF.


EDF, dont toute une partie des salariés a d'ailleurs choisi d'émettre un préavis de grève courant jusqu'à la fin de l'année en réaction à ces nouvelles incertitudes concernant leurs futures conditions de travail. Aux côtés de ces syndicats, ce sont aussi patrons et salariés de tout un pan de l'économie guyanaise qui sont ce matin mobilisés afin de tenter de relancer ce projet n'ayant eu de cesse de faire débat.

La suspension le 27 juillet de l'arrêté prefectoral du 20 octobre 2020, par le juge des référés, a été motivée selon ce dernier par les doutes émis quant au respect de la loi littoral, du réel positionnement du projet en un "secteur d'urbanisation diffus" et surtout -grande première- de son non-respect des objectifs fixés par l'État de réduction des gaz à effets de serre. 

Alors même qu'il est présenté par ses partisans comme projet de centrale biomasse, dont les détracteurs soulignent qu'il faudrait vraisemblablement importer le combustible, l'autorisation préfectorale en cours ne concernait pour le moment qu'un projet au fioul ; un modèle dépassé tant le niveau de pollution est aujourd'hui considéré comme archaïque. Au-delà du modèle énergétique choisi qui alimente les débats, c'est surtout son emplacement qui cristallise les tensions.

Situé à quelques centaines de mètres du rivage de l'estuaire de la rivière de Cayenne, le projet de centrale Larivot est dans une zone marécageuse où le moindre accident pourrait se traduire par une contamination à l'extrême des mangroves et du littoral de toute une partie de l'île de Cayenne et des rivages de Macouria. Le combustible devant être acheminé depuis le port de Dégrad-des-Cannes à Rémire-Montjoly, c'est aussi la construction d'un oléoduc serpentant entre zones résidentielles et voies de circulation qui divise, alors même que l'existence d'une parcelle de plus de 70 hectares à proximité direct de la zone de déchargement des bateaux avait été examinée, avant de finalement être attribuée à l'ambitieux projet de zone d'activité de la CCIG.

Pourtant les travaux avaient bel et bien démarré et à un rythme des plus soutenus malgré la saisine en référé du tribunal administratif par les détracteurs au projet, référé dont le caractère suspensif n'avait à l'évidence pas été pris en compte par EDF qui avait donc permis aux entreprises en charge de la construction du projet de continuer à y oeuvrer. Ainsi, selon nos sources, ce seraient déjà deux millions d'euros qui auraient été consacrés au terrassement de la zone.

Franck Ho Wen Szé, président de la fédération régionale du BTP, nous soulignait ainsi combien cet "arrêt brutal met à mal l'activité de l'ensemble des entreprises présentes sur le chantier". 


Après avoir échangé avec le préfet, le cortège est reparti au son des klaxons afin d'aller à la rencontre de Gabriel Serville.

Suite à cette rencontre, les services de l'État en Guyane ont indiqué, par voie de communiqué, avoir l'intention de se pourvoir en cassation auprès du Conseil d'État, soulignant "la nécessité de disposer d'un équipement moderne permettant en tous temps d'assurer la fourniture d'électricité des usagers de la Guyane". 

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1 commentaire

Vos commentaires

André Paradis 04.08.2021

Les entreprises industrielles de Guyane, comme tous les Guyanais (y compris la CTG) n'ont-ils pas intérêt à ce que la Guyane future reste à peu près habitable? Ou alors on peut se demander s'ils sont vraiment guyanais...

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