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JUSTICE

Centrale du Larivot : le juge des référés retoque (provisoirement) l’arrêté préfectoral

Rédaction web Mardi 27 Juillet 2021 - 19h30
Centrale du Larivot : le juge des référés retoque (provisoirement) l’arrêté préfectoral
Cette victoire est historique pour les associations de défense de l'environnement. - D.R.

 Saisi en référé-suspension le 7 juillet par les associations France Nature Environnement et Guyane Nature Environnement, le tribunal administratif a suspendu l’arrêté pris par le préfet de Guyane le 22 octobre 2020 « jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de l’acte ». Une victoire pour les associations de défense de l’environnement.

 Le feuilleton judiciaire autour de l’arrêté portant autorisation environnementale en vue de l’exploitation de la nouvelle centrale du Larivot tourne une nouvelle page. Le juge des référés du tribunal administratif de Guyane a suspendu ce vendredi cet arrêté, estimant que « deux moyens paraissent propres à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté. »

Pour rappel, le projet dans son entier mené par EDF-PEI prévoit outre le projet de centrale thermique, composée de 7 moteurs devant fonctionner au fioul domestique léger, la construction d’une centrale photovoltaïque d’une puissance totale de 4 Mégawatts, d’un poste d’évacuation et de répartition de l’électricité raccordant la centrale thermique au réseau électrique haute tension du territoire et d’une canalisation de transport destinée à approvisionner la centrale thermique en combustible depuis le port de Degrad-des-Cannes. Le tout au lieu-dit du Larivot à Matoury, sur fond de remplacement de l’actuelle centrale électrique de Degrad-des-Cannes compte tenu de sa vétusté. Cette dernière doit être mise à l’arrêt au plus tard le 31 décembre 2023.

Le juge des référés considère en premier lieu que « dans le contexte actuel d’urgence écologique et climatique et eu égard aux objectifs que la France s’est donnés de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40% en 2030 par rapport à l’année 1990 et de neutralité carbone en 2050, le projet de nouvelle centrale alimentée au fioul, même s’il marquait une réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’ancienne centrale, ne participait pas de manière suffisante à la trajectoire de réduction de ces émissions pour atteindre les objectifs fixés par la stratégie nationale bas-carbone. »
Une victoire historique pour les associations
Ensuite, dans sa décision, il explique : « s’agissant d’un espace proche du rivage,le projet était susceptible de méconnaître la loi Littoral dans ses dispositions propres à la Guyane, en ce que d’une part le schéma d’aménagement régional (SAR) de la Guyane n’avait pas prévu un tel projet d’aménagement pour le site du Larivot et d’autre part que le secteur ne pouvait être qualifié de secteur d’urbanisation diffuse, les hameaux les plus proches étant situés entre 500 mètres et un kilomètre du site. »

Au cours de sa plaidoirie devant le juge des référés, l'avocat de Guyane Nature Environnement a notamment rappelé que ce projet pharaonique se construit sur un espace naturel remarquable du littoral. Il n'est pas défini tel quel dans la classification officielle qui date et qui laisse une marge d'appréciation... "Les juges ont ce pouvoir de le qualifier tel quel et c'est le cas de par la présence de mangroves, forêt marécageuse et d'espèces qui y ont leur habitat tels que la biche et le toucan..." assurait-il à l'audience.

De l'autre côté de la barre, l'avocat d'EDF avait appuyé plusieurs arguments dont l'intérêt général, et le fait que la Guyane repose sur deux piliers très fragiles pour remplir cette mission : "le barrage de Petit-Saut dont la production varie de 15% à 60% ... et une centrale à Degrad-Des-Cannes qui est à l'agonie." expliquait la robe noire. Quant à l'impact environnemental, décrié en face, il a estimé : "nous sommes passés du fioul lourd à du fioul léger permettant de diminuer de 30% les émissions de CO2.Et nous pourrons moduler notre production en la réduisant en fonction de l'énergie renouvelable qui pourrait se développer. On accompagne également la sanctuarisation des lieux. Nous n'utiliserons pas tout l'espace. Une grande part restera préservée. Nous ne serons peu sur la partie mangrove proprement dite. Les projections écologiques revendiquées par la partie adverse portent sur 2100, la centrale n'a pas cette marge. Nous sommes sur une durée de 25 ans."

La balance a finalement penché du côté des deux associations de défense de l’environnement, qui saluent une victoire historique « car elle retient l’importance des engagements climatiques de la France. » peut-on lire dans un communiqué commun de Guyane Nature Environnement et France Nature Environnement.

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3 commentaires

Vos commentaires

A. LEA 28.07.2021

Ceux venus d'ailleurs et qui repartiront ailleurs, prennent les décisions pour ceux qui resteront.

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jayjay5 28.07.2021
et oui

vous avez bien comprit le probleme... Les Guyanais ne sont pas maitre de leur destin. Et les promesse bidon de Macron quand il est venu, kiffe kiffe!

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Benkwa973 29.07.2021

Logique quand l'incompétence est la règle localement...santé ou éducation ne sont que deux exemples de tout ce qui doit venir de métropole...

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